Les primes de l'auxiliaire de puériculture : Ségur, nuit, dimanche et jours fériés
Les primes d'une auxiliaire de puériculture ne sont pas un détail : sur un poste en horaires décalés, elles représentent couramment plusieurs centaines d'euros par mois, et elles expliquent que deux offres affichées au même salaire de base ne se valent pas du tout. Quatre lignes comptent vraiment : le complément de traitement indiciaire, dit « prime Ségur » (décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020), l'indemnisation du travail de nuit, refondue au 1er janvier 2024, l'indemnité forfaitaire pour travail des dimanches et jours fériés, portée à 60 € à la même date, et les majorations liées à votre planning. Voici qui y a droit, sur quelle base chacune se calcule, et les questions à poser avant de signer.
La prime Ségur : le complément de traitement indiciaire
C'est la plus importante des quatre, et la plus mal comprise. Ce n'est pas exactement une prime : c'est un complément de traitement indiciaire, instauré par le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 à la suite du Ségur de la santé. La nuance a des conséquences concrètes : étant exprimé en points d'indice majoré et non en euros, il suit les revalorisations du point d'indice, et il est pris en compte pour la retraite comme le traitement lui-même — contrairement aux primes classiques.
Il est fixé à 49 points d'indice majoré pour un agent à temps plein. Pour connaître le montant brut mensuel correspondant à un instant donné, il faut multiplier ces 49 points par la valeur du point d'indice en vigueur : en 2026, cela représente de l'ordre de 240 € brut par mois à temps plein. Ce montant est proratisé en cas de temps partiel.
Qui y a droit, qui n'y a pas droit
C'est là que se jouent les différences les plus importantes entre deux postes. Le complément a été créé pour les établissements de santé et médico-sociaux, puis étendu par vagues successives à d'autres catégories d'agents et de structures. Conséquence : toutes les auxiliaires de puériculture ne le perçoivent pas, et l'écart dépend de l'employeur bien plus que du diplôme.
En pratique, une auxiliaire de puériculture qui exerce en établissement de santé le perçoit ; en crèche, cela dépend du statut de la structure, de son financement et de son rattachement. C'est donc une question à poser explicitement en entretien, avec ces mots-là : « le complément de traitement indiciaire est-il versé sur ce poste ? ». Une réponse floue est en soi une réponse.
L'indemnité de travail de nuit : ce qui a changé depuis 2024
Le système a été entièrement refondu. Auparavant, l'indemnisation reposait sur des taux horaires forfaitaires fixés par un arrêté de 1988, devenus dérisoires avec le temps. Le décret n° 2023-1238 du 22 décembre 2023, entré en vigueur le 1er janvier 2024, a changé de logique : l'indemnisation se fonde désormais sur la rémunération horaire de l'agent — traitement indiciaire brut et indemnité de résidence — à laquelle s'applique un taux de majoration de 25 %. L'ancien dispositif a été définitivement abrogé par l'arrêté du 13 mars 2024.
Ce changement de méthode a une conséquence directe et plutôt heureuse : l'indemnité n'est plus un montant fixe identique pour tout le monde, elle est proportionnelle à votre rémunération. Plus vous avancez dans la grille, plus vos nuits rapportent. Et elle suit mécaniquement les revalorisations du point d'indice, sans qu'il faille attendre un nouvel arrêté.
Deux points de vigilance sur votre bulletin :
- Vérifiez le nombre d'heures de nuit décomptées, pas seulement le montant. C'est l'erreur la plus fréquente chez les agents en horaires décalés, et elle passe inaperçue si l'on ne regarde que le total.
- Attention au décalage de versement. Dans beaucoup d'établissements, les nuits de janvier sont payées en février ou en mars. Comparer un bulletin isolé à votre planning du même mois ne donne rien.
L'indemnité pour travail du dimanche et des jours fériés
Elle a été nettement revalorisée à la même date. L'arrêté du 22 décembre 2023, modifiant l'arrêté du 16 novembre 2004, a porté le montant de l'indemnité forfaitaire pour travail des dimanches et jours fériés de 44,89 € à 60 €, avec effet au 1er janvier 2024 — une hausse d'environ un tiers.
Concrètement, pour une auxiliaire de puériculture qui travaille deux dimanches par mois, cela représente 120 € qui s'ajoutent au brut, en plus du traitement de base. Sur un poste hospitalier avec un roulement comprenant des dimanches et quelques jours fériés dans l'année, l'écart avec un poste en crèche du lundi au vendredi devient très significatif.
Un rappel utile : un jour férié travaillé ouvre droit à l'indemnité et, selon les règles de votre établissement, à une récupération. Les deux ne s'excluent pas mécaniquement. Vérifiez ce point dans le règlement intérieur du temps de travail de votre structure, c'est là qu'il est tranché.
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Selon votre employeur, votre service et votre situation, d'autres lignes peuvent apparaître :
- Les heures supplémentaires, majorées, lorsqu'elles sont réalisées à la demande de l'employeur et tracées.
- La prime de service dans la fonction publique hospitalière, versée annuellement ou semestriellement selon les établissements, liée à la manière de servir et au temps de présence.
- L'indemnité de résidence, qui n'est pas une prime mais un pourcentage du traitement lié à la zone géographique — nulle dans une grande partie du territoire.
- Le supplément familial de traitement, à partir d'un enfant à charge. Il n'est pas automatique : il faut le demander.
- Le forfait mobilités durables ou la participation aux frais de transport, selon l'employeur.
- Les primes propres à certains services : sujétions spéciales, travail en équipe de suppléance, astreintes. Elles dépendent entièrement de votre affectation.
Ces lignes apparaissent chacune séparément sur votre bulletin, avec leur base et leur taux. Si l'ensemble vous paraît illisible, notre article sur comment comprendre sa fiche de paie d'auxiliaire de puériculture reprend le bulletin bloc par bloc.
Ce que les primes changent vraiment sur une fiche de paie
Trois vérités de terrain, rarement dites clairement :
- Les primes ne se valent pas entre elles pour la retraite. Le complément de traitement indiciaire compte comme du traitement ; les indemnités de nuit et de dimanche, elles, ne sont prises en compte que par la retraite additionnelle (RAFP), dans une limite annuelle. À brut égal, un poste riche en Ségur vaut mieux qu'un poste riche en dimanches.
- Les primes sont cotisées différemment. Elles supportent la CSG mais pas la cotisation retraite principale : le passage du brut au net ne se fait donc pas au même taux que sur le traitement de base.
- Les primes d'horaires sont fragiles. Un changement de roulement, une réorganisation de service, un congé parental : elles disparaissent du jour au lendemain. Ne construisez jamais un budget de long terme — un crédit, par exemple — sur un revenu dont un tiers vient des nuits et des dimanches.
Crèche municipale, hôpital, crèche privée : quelles primes selon l'employeur
Le régime indemnitaire dépend entièrement de qui vous emploie.
- À l'hôpital (fonction publique hospitalière) : c'est le régime le plus complet, parce que c'est là que se concentrent les horaires décalés. Nuits, dimanches, jours fériés, prime de service, complément de traitement indiciaire.
- En crèche municipale (fonction publique territoriale) : horaires généralement en journée et en semaine, donc peu ou pas de primes d'horaires. Le régime indemnitaire est fixé par délibération de la collectivité — il varie donc d'une commune à l'autre, parfois fortement.
- En crèche privée ou associative : ce n'est plus le statut qui s'applique mais la convention collective de la structure, dont le nom figure en haut de votre bulletin. C'est elle qui fixe les minima, les primes d'ancienneté et les majorations. Le versement du Ségur dépend de l'activité et du financement de la structure.
Les écarts de rémunération globale entre ces trois univers sont détaillés dans notre article sur le salaire d'auxiliaire de puériculture, et les postes à horaires atypiques — pouponnière, protection de l'enfance — dans notre article sur le travail en pouponnière.
Les questions à poser avant de signer
Quatre questions, dans cet ordre. Elles prennent trente secondes en entretien et évitent des années de regrets :
- « Quel est le brut mensuel de base pour ce poste ? » — pas « combien je gagne », qui donne toujours une réponse floue.
- « Le complément de traitement indiciaire est-il versé sur ce poste ? »
- « Le planning comporte-t-il des nuits, des dimanches et des jours fériés, et à quelle fréquence ? »
- « Quelles autres primes sont versées, et selon quelle périodicité ? »
Demandez, si possible, un bulletin de paie type pour le poste. Beaucoup d'établissements acceptent de le fournir, et c'est infiniment plus parlant qu'une fourchette annoncée à l'oral.
Ce qu'il faut retenir
Quatre lignes structurent la rémunération complémentaire d'une auxiliaire de puériculture. Le complément de traitement indiciaire, dit prime Ségur, vaut 49 points d'indice majoré à temps plein, compte pour la retraite comme du traitement, mais n'est pas versé partout — c'est la variable la plus lourde et la première à vérifier. L'indemnisation du travail de nuit repose, depuis le 1er janvier 2024, sur une majoration de 25 % de la rémunération horaire, et non plus sur un taux forfaitaire. L'indemnité forfaitaire pour travail du dimanche et des jours fériés est passée de 44,89 € à 60 € à la même date. S'y ajoutent, selon l'employeur, prime de service, heures supplémentaires et indemnités de sujétion. Vérifiez chaque mois le décompte de vos nuits et de vos dimanches : c'est là que se logent la plupart des erreurs de paie.
Questions fréquentes
Toutes les auxiliaires de puériculture touchent-elles la prime Ségur ?
Non. Le complément de traitement indiciaire instauré par le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 a été créé pour les établissements de santé et médico-sociaux, puis étendu par vagues successives. En pratique, il dépend beaucoup plus de l'employeur et du type de structure que du diplôme : une auxiliaire de puériculture en établissement de santé le perçoit, en crèche cela dépend du statut et du financement de la structure. C'est une question à poser explicitement en entretien.
Combien vaut la prime Ségur pour une auxiliaire de puériculture ?
Elle est fixée à 49 points d'indice majoré pour un agent à temps plein, et proratisée en cas de temps partiel. Le montant en euros s'obtient en multipliant ces 49 points par la valeur du point d'indice en vigueur, ce qui représente de l'ordre de 240 € brut par mois en 2026. Comme elle est exprimée en points, elle suit automatiquement les revalorisations du point d'indice.
Comment est calculée l'indemnité de travail de nuit depuis 2024 ?
Le décret n° 2023-1238 du 22 décembre 2023, en vigueur depuis le 1er janvier 2024, a remplacé les anciens taux horaires forfaitaires par un calcul fondé sur la rémunération horaire de l'agent — traitement indiciaire brut et indemnité de résidence — majorée de 25 %. L'indemnité est donc désormais proportionnelle à votre rémunération : plus vous avancez dans la grille, plus vos nuits rapportent.
Combien rapporte un dimanche travaillé ?
L'arrêté du 22 décembre 2023 a porté l'indemnité forfaitaire pour travail des dimanches et jours fériés de 44,89 € à 60 €, avec effet au 1er janvier 2024. Pour une auxiliaire de puériculture travaillant deux dimanches par mois, cela représente 120 € qui s'ajoutent au brut mensuel, en plus du traitement de base.
Les primes comptent-elles pour la retraite ?
Elles ne se valent pas entre elles. Le complément de traitement indiciaire est pris en compte comme du traitement, donc pour la retraite principale. Les indemnités de nuit, de dimanche et de jours fériés ne sont retenues que par la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), dans une limite annuelle. À brut égal, un poste avec le Ségur ouvre donc de meilleurs droits qu'un poste riche en primes d'horaires.
Pourquoi mes primes n'apparaissent-elles pas le mois où je les ai gagnées ?
Parce que dans beaucoup d'établissements, les nuits, dimanches et jours fériés sont versés avec un à deux mois de décalage : les nuits de janvier sont payées en février ou en mars. Comparez toujours votre bulletin au planning du mois correspondant, et non à celui du mois en cours, avant de conclure à une erreur.
Sources : décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 relatif au versement du complément de traitement indiciaire ; décret n° 2023-1238 du 22 décembre 2023 relatif à l'indemnisation du travail de nuit dans la fonction publique hospitalière (entré en vigueur le 1er janvier 2024) ; arrêté du 22 décembre 2023 modifiant l'arrêté du 16 novembre 2004 fixant le montant de l'indemnité forfaitaire pour travail des dimanches et jours fériés (44,89 € portés à 60 €) ; arrêté du 13 mars 2024 abrogeant l'arrêté du 30 novembre 1988 — textes consultés sur Légifrance en septembre 2026. Le montant en euros du complément de traitement indiciaire dépend de la valeur du point d'indice en vigueur. Les régimes indemnitaires varient selon l'employeur, la collectivité ou la convention collective applicable.
Pour aller plus loin
Connaître le régime des primes sert surtout à un moment précis : celui où l'on choisit son premier poste à la sortie de l'institut. Beaucoup d'auxiliaires de puériculture découvrent après coup que le poste voisin versait le complément de traitement indiciaire, ou qu'un roulement avec dimanches changeait la donne. Si vous en êtes à l'étape précédente — construire votre dossier et préparer l'oral d'entrée en institut de formation — notre Kit Découverte Entrée en formation vous donne un projet professionnel entièrement rédigé et de vraies questions de jury, et il est offert.
Objectif Petite Enfance

