Soutien à la parentalité · Les défis du quotidien
Mon enfant fait des colères : comprendre les crises et rester le calme dans la tempête
Guide parents · Enfant de 1 à 6 ans · Collection Les défis du quotidien
La crise au milieu du supermarché, les hurlements pour un yaourt de la mauvaise couleur, le « je te déteste » qui transperce… Si vous vivez cela, une chose à savoir d'abord : les colères ne sont ni un caprice, ni un échec d'éducation. Elles sont une étape du développement du cerveau. Et il existe une posture qui change tout — pour l'enfant comme pour vous.
Comprendre la colère : un cerveau encore en construction
Entre 1 et 5 ans environ, le cerveau émotionnel de l'enfant fonctionne à plein régime, tandis que les zones qui régulent les émotions (le cortex préfrontal) sont encore très immatures. Concrètement : quand une frustration surgit, votre enfant est littéralement submergé — il ne « fait » pas une colère pour vous manipuler, il est débordé par une tempête qu'il n'a pas les moyens neurologiques de contrôler. C'est pourquoi raisonner un enfant en pleine crise ne fonctionne pas : la partie du cerveau qui pourrait vous entendre est momentanément hors ligne.
La colère est une émotion comme une autre — utile, légitime, humaine. Ce qui se cache souvent derrière : de la fatigue, de la faim, un trop-plein de stimulations, un besoin d'attention, une transition mal digérée (quitter le parc, éteindre la tablette), ou simplement l'affirmation de soi de la période du « non ». Trouver le besoin derrière la crise, c'est déjà la moitié du chemin.
Les erreurs que nous faisons tous (et pourquoi elles échouent)
- Crier plus fort que l'enfant : deux tempêtes ne font pas le calme — votre escalade nourrit la sienne.
- Vouloir raisonner pendant la crise : les explications viendront, mais après, quand le cerveau sera redescendu.
- Céder pour faire cesser la crise : soulagement immédiat, mais l'enfant apprend que la crise est un levier efficace.
- Punir une émotion : on peut limiter un comportement (taper, casser), jamais reprocher un ressenti.
- Comparer (« regarde ta sœur, elle, elle est sage ») : humiliation garantie, apaisement zéro.
- Vouloir des résultats immédiats : la régulation émotionnelle s'apprend sur des années, pas sur un week-end.
On déculpabilise : perdre patience arrive à tous les parents. Ce qui compte n'est pas d'être zen à 100 %, c'est de réparer après (« tout à l'heure j'ai crié, j'étais très fatigué·e, je suis désolé·e ») — c'est même une magnifique leçon de régulation émotionnelle.
Le guide « Mon enfant fait des colères » et les formules
La posture qui apaise : rester un repère stable
Le cœur du guide tient en une image : être le calme dans la tempête. Concrètement : on se met à hauteur, on nomme l'émotion sans la juger (« tu es très en colère parce qu'on doit partir »), on maintient le cadre avec douceur (le « non » reste un non, dit calmement), on offre une présence physique adaptée — certains enfants ont besoin de bras, d'autres qu'on reste simplement à côté — puis on accompagne la descente émotionnelle : le câlin d'après, les mots d'après. Et le guide consacre de vraies pages à un sujet oublié : prendre soin de l'adulte, parce qu'on ne peut pas être un repère stable avec un réservoir vide.
Les 7 situations que tous les parents reconnaîtront
La crise au supermarché (anticiper, impliquer, et sortir dignement si besoin) ; il se roule par terre quand vous dites non (tenir le cadre sans rapport de force) ; il tape, mord ou jette quand il est en colère (limite ferme + alternative pour décharger) ; la crise de l'habillage (choix limités, jeu, sensorialité) ; l'explosion à la sortie de la crèche — la fameuse décharge émotionnelle du soir, si mal comprise et si normale ; les hurlements « pour un rien » (pour lui, ce n'est jamais rien) ; et les paroles dures, « je te déteste, t'es plus ma maman » (décoder sans se laisser blesser). Chaque cas : comprendre, agir, éviter.
Prévenir les crises au quotidien
On ne supprime pas les colères — on peut en réduire la fréquence et l'intensité : veiller au sommeil et aux repas (la moitié des crises de fin de journée sont de la fatigue et de la faim), des routines stables, limiter la surstimulation, donner une part de choix dans la journée, annoncer les transitions (« encore deux toboggans et on rentre »), nommer les émotions à froid grâce aux livres et aux jeux, et remplir le réservoir affectif par de vrais moments à deux, même courts.
Quand faut-il s'inquiéter ?
Les colères, même spectaculaires, sont normales jusqu'à 5-6 ans. Parlez-en à votre médecin si elles restent extrêmement fréquentes et intenses après cet âge, si l'enfant se blesse ou blesse systématiquement, si les crises s'accompagnent d'un recul global (langage, jeu, relation) ou si elles vous mettent, vous, en difficulté sérieuse. Demander de l'aide est un acte de parentalité, pas un aveu d'échec.
Questions fréquentes sur les colères de l'enfant
Les colères de mon enfant de 2 ans sont-elles normales ?
Oui — entre 18 mois et 4 ans, c'est même un passage quasi obligé : le cerveau émotionnel est mature, les zones de régulation ne le sont pas. L'enfant est submergé, il ne manipule pas. La fréquence et l'intensité diminuent à mesure que le langage et le cerveau mûrissent.
Que faire pendant une crise de colère ?
Assurer la sécurité, se mettre à hauteur, nommer l'émotion (« tu es très en colère »), garder un ton calme et peu de mots, maintenir la limite si la crise vient d'un refus, et offrir une présence adaptée. On ne raisonne pas pendant — on en reparle après, une fois l'enfant apaisé.
Faut-il punir un enfant qui fait une colère ?
On ne punit pas une émotion. En revanche, on limite les comportements : taper, mordre, casser ne sont pas acceptables et on le dit fermement, en proposant une alternative pour décharger (taper dans un coussin, sauter, serrer fort). Punir la colère elle-même apprend à l'enfant à la cacher, pas à la réguler.
Mon enfant explose tous les soirs à la sortie de la crèche, pourquoi ?
C'est la « décharge émotionnelle du soir » : il a tenu toute la journée dans le groupe, et il relâche tout avec la personne en qui il a le plus confiance — vous. C'est paradoxalement un signe de sécurité affective. Le guide explique comment adoucir ce moment : transition douce, peu de questions, un temps à deux.
Mon enfant me dit « je te déteste », comment réagir ?
Derrière ces mots, il y a une émotion trop grande et un vocabulaire trop petit. On ne répond ni dans la blessure ni par la sanction : on accueille l'émotion (« tu es très fâché contre moi ») tout en refusant la formulation, et on y revient à froid pour donner d'autres mots. Le guide y consacre un cas complet.
Que contient le guide « Mon enfant fait des colères » ?
Comprendre la colère (cerveau immature, ce qu'elle cache), les 7 erreurs classiques, la posture du repère stable (pendant et après la crise), 7 cas concrets ultra-détaillés (supermarché, habillage, sortie de crèche, paroles dures…), la prévention au quotidien et les signes qui méritent un avis.
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