12 extraits réécrits

Livret 2 VAE DEAP : 12 extraits réécrits au niveau du jury

Les phrases qui coûtent des points dans un livret 2 ne sont presque jamais des fautes d'orthographe : ce sont des erreurs de posture d'écriture. Voici douze extraits réels, chacun donné dans sa version faible puis dans sa version réécrite — plus la grille pour diagnostiquer votre propre dossier et le protocole de relecture avant dépôt.

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Objectif Petite Enfance — VAE Auxiliaire de puériculture · Livret 2

Douze extraits, avant et après

La version faible, la version qui valide · grille d'auto-diagnostic · relecture en 6 passages
Comment lire ce document. Chaque paire montre la même situation, écrite à deux niveaux. La colonne de gauche n'est pas « fausse » : elle est vraie, et vide. La colonne de droite dit la même chose en rendant vos compétences visibles. Repérez laquelle de vos habitudes d'écriture apparaît le plus souvent à gauche — c'est celle-là qu'il faut corriger en priorité.

Groupe 1 — Raconter au lieu d'analyser

Ce qui est écritCe qu'il fallait écrire
« Je donne le biberon à Jade puis je la repose dans son lit. » « Je donne son biberon à Jade, 4 mois, en la tenant dans mes bras et légèrement redressée, parce qu'elle régurgite souvent en fin de tétée. Je fais deux pauses pour le rot. Je la garde ensuite une dizaine de minutes en position semi-assise avant de la recoucher sur le dos, ce qui limite les remontées et respecte les règles de couchage. »
« J'installe les enfants pour la sieste et je surveille. » « J'installe les six enfants de ma section pour la sieste en respectant les rituels de chacun : Ilyes ne s'endort qu'avec son doudou et la porte entrouverte, Maya a besoin qu'on lui pose une main sur le dos. J'ai choisi de les coucher en deux temps plutôt qu'ensemble, car Ilyes réveillait systématiquement le groupe. Je reste dans la pièce et je note les heures d'endormissement pour les transmissions du soir. »
« Je participe à l'accueil du matin. » « À l'accueil, je me mets à hauteur de l'enfant et j'écoute d'abord le parent : nuit, appétit, événement de la veille. Ce matin-là, la mère de Sacha, 14 mois, m'apprend qu'il a mal dormi et fait ses dents. J'en tiens compte en lui proposant un temps calme plutôt que l'atelier peinture prévu, et je préviens ma collègue qui prendra le relais. »
La règle qui sauve. Pour chaque geste décrit, ajoutez une phrase qui commence par « parce que », « ce qui m'a amenée à » ou « j'ai choisi de… plutôt que de… car ». Sans elle, le jury lit un emploi du temps, pas une compétence.

Groupe 2 — Le « on » et le « nous »

Ce qui est écritCe qu'il fallait écrire
« On applique le protocole d'hygiène des mains. » « Je me lave les mains avant et après chaque change, et je vérifie que le flacon de solution hydro-alcoolique du plan de change est rempli en début de journée : c'est moi qui le signale à l'agent d'entretien quand il manque. »
« Nous respectons le rythme de l'enfant. » « Je n'ai pas réveillé Louna, 11 mois, pour le goûter alors que le groupe passait à table : elle s'était endormie tard après une matinée agitée. J'ai décalé son goûter de trente minutes et je l'ai noté sur sa fiche de journée pour que ses parents comprennent son horaire du soir. »
« L'équipe a décidé de mettre en place un temps calme. » « J'ai proposé en réunion d'instaurer un temps calme de dix minutes avant le repas, après avoir observé pendant une semaine que les enfants arrivaient à table excités et mangeaient mal. J'ai présenté mes observations, la proposition a été retenue, et je l'anime depuis dans ma section. »
Chaque « on » est une compétence que vous offrez à quelqu'un d'autre. Surlignez-les tous. Là où le remplacement par « je » est impossible, c'est probablement que la situation n'était pas la vôtre : changez de situation.

Groupe 3 — Recopier le référentiel

Ce qui est écritCe qu'il fallait écrire
« J'accompagne l'enfant dans les activités de la vie quotidienne en respectant son autonomie. » « Au repas, je laisse Ambre, 20 mois, tenir sa cuillère même si les trois quarts tombent, et je l'accompagne avec une seconde cuillère seulement quand elle me la tend. Elle met deux fois plus de temps que les autres ; j'ai choisi de la servir en premier pour qu'elle ne finisse pas seule à table. »
« Je participe à l'évaluation de l'état clinique de l'enfant. » « En fin de matinée, je remarque que Noam, 2 ans, est inhabituellement calme et refuse de jouer. Je prends sa température : 38,4 °C. J'observe son teint, sa nuque, sa gorge et sa couche, je le découvre un peu et je lui propose à boire, puis j'alerte la puéricultrice et j'appelle ses parents. Je note l'heure, la valeur et les signes associés dans le cahier. »
« Je veille à la sécurité affective de l'enfant. » « Depuis son entrée il y a trois semaines, Élio, 9 mois, pleure au départ de sa mère. J'ai proposé qu'elle laisse un foulard portant son odeur ; je verbalise systématiquement le départ au lieu de détourner son attention, et je le porte quelques minutes à la fenêtre pour regarder partir la voiture. Les pleurs durent aujourd'hui moins d'une minute. »
Le test des trois lignes. Prenez n'importe quel paragraphe et demandez-vous : une collègue qui ne connaît pas cet enfant pourrait-elle le reconnaître à partir de ce que j'ai écrit ? Si la réponse est non, vous êtes dans le général — donc dans le vide.

Groupe 4 — La situation trop lisse, l'enfant absent

Ce qui est écritCe qu'il fallait écrire
« Le change s'est bien passé, l'enfant était coopératif. » « Ce jour-là, Timéo, 18 mois, se débat et refuse de s'allonger. Je renonce au plan de change et je le change debout, en lui donnant un livre à tenir. Je lui laisse le choix de la couche entre deux. Le change dure plus longtemps, mais sans contrainte physique : à cet âge, l'opposition est normale et forcer aurait installé un conflit à chaque change. »
« J'ai expliqué le protocole à la maman qui n'était pas d'accord. » « La mère de Wassim, 7 mois, souhaite qu'on le couche sur le ventre, comme à la maison. Je l'écoute sans la contredire d'emblée : elle craint les régurgitations. Je lui explique la règle du couchage sur le dos et le lien avec la prévention de la mort inattendue du nourrisson, je lui montre la gigoteuse et le matelas ferme, et je transmets sa préoccupation à la puéricultrice, qui la reçoit le lendemain. La mère repart informée, et non jugée. »
« J'ai fait les transmissions à l'équipe. » « En fin de service, je transmets à ma collègue du soir : Naïa, 3 ans, n'a rien mangé au déjeuner, a fait une sieste de 40 minutes au lieu de 1 h 30 et s'est plainte du ventre à deux reprises ; température prise à 15 h, 37,1 °C. Je l'écris sur le cahier de transmissions avec les heures, parce que l'information doit rester disponible si l'état évolue en soirée et que je ne serai pas là. »
Les bonnes situations ont un grain de sable — un refus, une opposition, un imprévu. C'est dans la gestion de l'imprévu que la compétence se voit. Mais le grain de sable doit rester professionnel, pas dramatique : pas la pire journée de votre carrière, seulement une journée où vous avez dû réfléchir.

La grille d'auto-diagnostic

Prenez une situation déjà rédigée et comptez. Le résultat vous dit quoi reprendre en premier.

À compter dans une situationSignal d'alarmeCe qu'il faut faire
Nombre de « on » et de « nous »Plus de 2Réécrire au « je », ou changer de situation.
Nombre de « parce que » / « j'ai choisi de »Moins de 3Vous décrivez sans justifier. Ajoutez une raison à chaque geste.
Prénom de l'enfant citéJamaisNommez-le (prénom modifié), donnez son âge et son histoire.
Détails singuliers (heure, valeur, réaction précise)Moins de 3Vous êtes dans le général. Ajoutez du concret vérifiable.
Les parents apparaissentJamaisAccueillir, informer, rassurer, négocier : cela fait partie des compétences.
Une difficulté est présenteAucuneSituation trop lisse : aucune décision n'a été nécessaire, donc aucune compétence démontrée.
Une transmission conclut la situationAbsenteAjoutez ce que vous avez transmis, à qui, oralement et par écrit.

Le protocole de relecture, en 6 passages

Un passage = une seule chose à chercher. C'est plus long, mais on ne peut pas tout voir en même temps.

  1. Passage « on ». Surlignez tous les « on » et « nous ». Réécrivez.
  2. Passage « pourquoi ». Chaque geste doit avoir sa raison. Ajoutez-la.
  3. Passage « référentiel ». Traquez les formules recopiées et remplacez-les par la preuve.
  4. Passage « enfant ». Prénom, âge, histoire, ce qu'il vous montre. Et les parents.
  5. Passage « blocs ». Vérifiez qu'aucun bloc n'est laissé vide : c'est la première chose que le jury regarde.
  6. Passage à voix haute. Ce qui accroche à l'oral accrochera à la lecture — et le jury vous interrogera à partir de ce texte.
✓ Ce que ces réécritures ont en commun. Un « je » au lieu d'un « on ». Un enfant nommé, avec son âge et son histoire. Une raison derrière chaque geste. Une adaptation visible à cet enfant-là. Et une transmission pour finir. Un dossier mal construit peut mener à une validation partielle alors même que l'expérience était largement suffisante : c'est exactement ce que ces six passages servent à éviter.
Objectif Petite Enfance — objectif-petite-enfance.fr VAE Auxiliaire de puériculture · Livret 2 · à jour en juillet 2026
Pour aller plus loin

Tout ce qui existe pour construire votre dossier de VAE d’auxiliaire de puériculture : les formules, ce que contient chacune, et laquelle correspond à votre situation.

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Pour aller plus loin

Le livret 2 modèle, rédigé du début à la fin

Toutes les situations du livret 2 décrites à la première personne, avec les réponses aux questions officielles ; le livret 1 modèle pour monter la recevabilité sans erreur ; et le guide de l'oral, sa banque de questions par bloc et son oral blanc.

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Comment vous en servir

Sur une situation que vous avez déjà écrite

Ne réécrivez pas tout de suite : passez d'abord la grille d'auto-diagnostic. Elle vous dira laquelle des quatre erreurs vous êtes en train de répéter dans tout le dossier.

Avant d'écrire la suivante

Relisez les trois paires du groupe qui vous concerne. On corrige beaucoup plus facilement une habitude avant de l'avoir répétée dix fois.

Pour vérifier le niveau attendu

Comparez vos paragraphes à la colonne de droite, pas à la gauche. C'est ce niveau-là que le jury attend. Une situation complète rédigée →

Juste avant de déposer

Faites les six passages dans l'ordre, un par jour si besoin. La relecture globale ne voit rien ; la relecture ciblée voit tout. Les 10 erreurs expliquées →

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Questions fréquentes

Quelle est l'erreur la plus fréquente dans un livret 2 de VAE ?

Raconter au lieu d'analyser. Le jury sait ce que fait une auxiliaire de puériculture : il cherche pourquoi vous le faites ainsi, ce que vous observez, ce que vous décidez et ce que vous ajustez. Pour chaque geste décrit, il faut une phrase qui commence par « parce que » ou « j'ai choisi de… plutôt que de… car ».

Pourquoi ne faut-il pas écrire « on » dans un livret 2 ?

Parce que le jury valide votre compétence, pas celle de votre structure. Chaque « on » ou « nous » attribue l'action à l'équipe et non à vous. Là où le remplacement par « je » se révèle impossible, c'est généralement que la situation n'était pas la vôtre : mieux vaut en changer.

Faut-il choisir des situations où tout s'est bien passé ?

Non. Une situation sans difficulté ne demande aucune décision, donc ne démontre aucune compétence. Les bonnes situations comportent un grain de sable — un refus, une opposition, un imprévu — mais professionnel et non dramatique : une journée où vous avez dû réfléchir, pas la pire de votre carrière.

Peut-on reprendre les phrases du référentiel dans son dossier ?

Le référentiel doit rester votre boussole, jamais votre vocabulaire. Le jury le connaît par cœur et cherche la preuve, pas la citation. Remplacez chaque formule officielle par la situation concrète qui la démontre : un enfant nommé, un âge, une heure, une décision, un résultat.

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