Formation auxiliaire de puériculture (DEAP) : que se passe-t-il si on abandonne la formation ?
Si vous abandonnez la formation d'auxiliaire de puériculture en cours de route, vous ne perdez pas tout automatiquement, mais vous ne repartez pas non plus de zéro sans condition : le diplôme s'obtient bloc par bloc, et ce qui se passe ensuite dépend de la date de votre départ, de la façon dont vous prévenez l'institut, de votre financement et de la décision de l'équipe pédagogique. Voici ce qu'on sait des textes, ce qui reste à l'appréciation de chaque institut, et comment décider sans vous précipiter.
Précision importante : cet article donne des repères, pas un avis juridique ni un conseil individuel. Le règlement intérieur de votre institut, votre convention ou votre contrat, et les textes officiels font foi, et le cadre évolue. Avant toute décision, parlez-en à votre institut de formation, et ne prenez jamais seule une décision irréversible un soir de découragement.
Abandonner la formation d'auxiliaire de puériculture : de quoi parle-t-on exactement ?
Le mot « abandon » recouvre en réalité des situations très différentes, et les conséquences ne sont pas les mêmes. Il y a l'élève qui cesse de venir du jour au lendemain, sans prévenir. Il y a celle qui informe l'institut qu'elle arrête, par courrier, après un entretien. Il y a celle qui demande une interruption temporaire parce qu'une maladie, une grossesse, un déménagement ou un problème familial l'empêche de poursuivre. Et il y a celle qui change de projet et préfère une autre voie.
La première situation est la plus risquée : une absence non justifiée s'accumule vite. La dernière est parfaitement légitime : renoncer à une formation qui ne correspond plus à ce que l'on veut n'est pas un échec moral. Dans les trois dernières, le point commun est le même : on prévient l'institut, par écrit, et on se fait expliquer ce qui est possible avant de signer quoi que ce soit.
Que se passe-t-il pour les blocs de compétences déjà validés ?
Le diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture est organisé en blocs de compétences. D'après l'arrêté du 10 juin 2021, tel qu'il a été publié au Journal officiel, une note d'au moins 10 sur 20 est exigée à chaque module, sans compensation entre modules, et le diplôme s'obtient par la validation de l'ensemble des blocs (articles 7 et 8). Les blocs que vous avez obtenus sont donc des acquis réels, inscrits dans votre dossier.
Reste à savoir combien de temps ces acquis sont conservés. Pour la formation d'auxiliaire de puériculture, le texte prévoit que la formation se déroule sur une période maximale de deux ans, de façon continue ou discontinue (article 2). Un texte plus général sur le fonctionnement des instituts de formation paramédicaux, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 17 avril 2018, précise de son côté qu'une interruption de formation, quel qu'en soit le motif, ne peut excéder trois ans, au-delà de quoi l'étudiant perd le bénéfice des validations acquises, et que le directeur de l'institut définit les modalités de reprise (article 38). Ces deux repères ne se superposent pas toujours simplement : les textes ont été modifiés depuis, notamment en 2023 et en 2025, et la durée qui s'applique à votre cas est celle que votre institut vous confirmera par écrit.
Retenez l'essentiel : un départ ne gomme pas automatiquement ce que vous avez validé, mais il ne le gèle pas indéfiniment non plus. Demandez toujours à l'institut une attestation précisant les blocs validés et leur date.
Peut-on reprendre la formation d'auxiliaire de puériculture après un abandon ?
Oui, c'est souvent possible, mais pas de manière automatique. Les textes ne garantissent pas un droit de retour sans condition : la décision revient à l'institut, souvent après un entretien avec l'équipe pédagogique. L'article 10 de l'arrêté du 10 juin 2021 prévoit par exemple qu'après l'échec aux épreuves de rattrapage, l'élève peut se réinscrire et suivre les enseignements des blocs non validés, que des frais de scolarité peuvent alors être demandés, et que l'élève est autorisé à redoubler une fois.
Ce que cela signifie en pratique : plus votre départ est expliqué, documenté et proche dans le temps, plus la reprise a de chances de se passer simplement, sur les seuls blocs manquants. Un abandon silencieux suivi d'un retour deux ans plus tard sera examiné au cas par cas. Si vous hésitez entre partir et revenir plus tard, demandez une rencontre avant de décider : c'est la meilleure façon de savoir ce qui reste possible.
Si votre difficulté vient d'un bloc non validé plutôt que d'une envie d'arrêter, lisez d'abord l'article sur le rattrapage d'un bloc de compétences du DEAP : la sortie est souvent plus simple qu'on ne l'imagine.
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C'est souvent la question qui inquiète le plus, et elle dépend entièrement de qui finance. Une formation peut être prise en charge par la Région, par un employeur (alternance, promotion professionnelle), par France Travail, par un organisme paritaire, par le compte personnel de formation, ou être payée à titre personnel. Chaque financeur a ses règles et ses conventions.
Il n'existe pas de règle nationale unique que l'on pourrait appliquer à tous les cas. Dans certaines situations, un dossier peut prévoir un engagement de présence, un remboursement de tout ou partie des frais, ou la fin de la rémunération à compter de la date de départ. Dans d'autres, rien de tel n'est prévu. La seule bonne méthode est de relire votre convention, votre contrat ou votre notification de financement, puis de poser la question par écrit au financeur avant de partir. Si vous êtes en alternance, la rupture du contrat obéit à des règles spécifiques qui dépendent notamment du moment où elle intervient : consultez le site service-public.gouv.fr et rapprochez-vous de votre employeur et de votre centre de formation avant tout courrier.
Pour comprendre les aides qui existent dans votre situation, l'article formation d'auxiliaire de puériculture : gratuite, rémunérée, quelles aides ? donne les grandes familles de financement.
Les absences : à partir de quand parle-t-on d'abandon de fait ?
Beaucoup d'abandons commencent par des absences qui s'enchaînent. L'article 6 de l'arrêté du 10 juin 2021 précise que toute absence doit être justifiée, par un certificat médical par exemple, et que les absences en institut et en stage ne peuvent pas dépasser 5 % de la durée totale de la formation. L'article 8 conditionne l'accès à la certification au fait de ne pas avoir cumulé plus de 5 % d'absences justifiées non rattrapées.
Concrètement, une absence prolongée et non justifiée peut conduire l'institut à vous considérer comme ayant quitté la formation, avec des conséquences sur votre inscription, votre financement et vos droits. Si vous traversez une période qui vous empêche de venir, écrivez à l'institut dès les premiers jours, joignez les justificatifs, et demandez ce qui est possible : rattrapage des heures, aménagement, interruption temporaire. Notre article sur l'absence le jour d'une évaluation détaille les justificatifs et les démarches.
Que faire avant de décider d'abandonner ?
Quand on a envie de tout arrêter, c'est presque toujours un moment de fatigue, de stage difficile ou de doute après une mauvaise note. Quelques réflexes peuvent vous éviter une décision que vous regretteriez :
- demander un entretien avec la direction de l'institut ou le formateur référent, en expliquant franchement ce qui ne va pas ;
- distinguer ce qui est temporaire (un stage difficile, une surcharge, un souci personnel) de ce qui est de fond (le métier ne vous convient plus) ;
- demander quelles options existent : aménagement, interruption temporaire, changement de lieu de stage, rattrapage ciblé ;
- laisser passer quelques jours avant d'écrire une lettre de départ, sauf urgence ;
- vous faire accompagner par une personne de confiance, un référent, ou un conseiller en évolution professionnelle.
Si votre difficulté est le stage, l'article stage non validé : que se passe-t-il et comment rebondir et celui sur comment rebondir après un stage difficile montrent que beaucoup de situations qui paraissent bloquées ne le sont pas. Et si c'est la charge de travail qui vous submerge, la formation est-elle difficile ? aide à relativiser avec des repères concrets.
Comment annoncer son départ à l'institut sans se fermer de portes ?
Si votre décision est prise, la façon de partir compte autant que la décision. Un départ clair, courtois et écrit laisse la porte ouverte pour plus tard, auprès de l'institut comme des lieux de stage qui vous ont accueillie.
Prévenez d'abord oralement la direction ou le référent pédagogique, puis confirmez par écrit : une lettre simple suffit, avec la date, la formation concernée, votre souhait (arrêt définitif ou interruption) et une demande d'attestation des blocs validés. Conservez une copie. Rendez le matériel et les badges éventuels, remerciez vos tutrices de stage, et demandez si une attestation de stage peut vous être remise pour les périodes effectuées. Évitez le message laissé sur un répondeur ou le simple silence : une rupture de communication complique tout ce qui vient après.
Quelles alternatives à l'abandon pur et simple ?
Entre « continuer coûte que coûte » et « tout arrêter », il existe des solutions intermédiaires, selon ce que prévoit votre institut : une interruption temporaire pour raison de santé ou de famille, une reprise plus tard à la rentrée suivante, un aménagement de parcours, un changement de lieu de stage lorsque c'est la cause du blocage.
Si votre doute porte plus largement sur la voie choisie, comparez les parcours avant de décider : l'article VAE ou formation d'auxiliaire de puériculture : comment choisir ? aide à voir si un autre chemin vers le même diplôme serait mieux adapté à votre situation, notamment si vous avez déjà de l'expérience auprès d'enfants.
Et pour la suite : peut-on retravailler en crèche sans le diplôme ?
Sans le diplôme d'État, vous ne pouvez pas exercer en tant qu'auxiliaire de puériculture. Mais d'autres voies existent dans la petite enfance, qui n'ont pas les mêmes conditions : le CAP Accompagnant éducatif petite enfance, certains postes de remplacement ou d'agent selon les structures, ou la poursuite du projet plus tard. Les règles d'accès dépendent de chaque employeur et des textes en vigueur : renseignez-vous auprès de la structure visée et de France Travail plutôt que de vous fier à un récit de forum.
Ce qu'il faut retenir
Abandonner la formation d'auxiliaire de puériculture n'est ni un échec définitif ni une décision à prendre à la légère. Les blocs validés restent des acquis, dans des limites de durée à faire confirmer par écrit. La reprise est possible mais soumise à la décision de l'institut. Le financement obéit à ses propres règles, à vérifier avant de partir. Et dans presque tous les cas, un entretien avec l'institut, avant toute lettre, permet de voir qu'il existe d'autres issues que l'abandon pur et simple.
Sources : arrêté du 10 juin 2021 relatif à la formation conduisant au diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture, articles 2, 6, 7, 8, 9 et 10 (texte publié au Journal officiel, consulté le 01/11/2026 ; le texte a été modifié depuis, notamment par des arrêtés de 2023 et de 2025) ; arrêté du 17 avril 2018 modifiant l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux, article 38 (consulté le 01/11/2026). Le cadre évolue : vérifiez la version en vigueur sur legifrance.gouv.fr, sur service-public.gouv.fr, et auprès du règlement intérieur de votre institut.
Questions fréquentes
Que devient le diplôme si j'abandonne la formation d'auxiliaire de puériculture ?
Le diplôme n'est délivré que si tous les blocs sont validés. Les blocs déjà validés restent des acquis, dans des limites de durée que l'institut doit vous confirmer par écrit : demandez une attestation précisant les blocs obtenus et leurs dates.
Peut-on reprendre la formation après un abandon ?
C'est souvent possible mais pas automatique : la décision revient à l'institut, en général après un entretien avec l'équipe pédagogique. La reprise porte en principe sur les blocs non validés, et des frais de scolarité peuvent être demandés (arrêté du 10 juin 2021, article 10).
Faut-il rembourser sa formation si on arrête ?
Cela dépend du financeur et de ce que prévoient votre convention, votre contrat ou votre notification de prise en charge. Il n'existe pas de règle unique : relisez vos documents et posez la question par écrit au financeur avant de partir.
Que risque-t-on en cas d'absences non justifiées ?
Toute absence doit être justifiée et les absences en institut et en stage ne doivent pas dépasser 5 % de la durée de la formation (arrêté du 10 juin 2021, articles 6 et 8). Une absence prolongée sans justificatif peut être traitée comme un départ de fait : prévenez l'institut dès les premiers jours.
Quelle est la meilleure façon d'annoncer son départ à l'institut ?
Prévenez d'abord oralement la direction ou le référent pédagogique, puis confirmez par une lettre datée précisant s'il s'agit d'un arrêt définitif ou d'une interruption, avec une demande d'attestation des blocs validés. Gardez une copie.
Pour aller plus loin
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Objectif Petite Enfance


