L'exposé de 5 minutes au concours d'auxiliaire de puériculture territorial : méthode et exemple rédigé
L'exposé du concours d'auxiliaire de puériculture territorial dure 5 minutes au plus et doit traiter trois objets imposés — votre formation, votre parcours et votre projet professionnels. La méthode qui marche : un plan en trois temps annoncé dès la première minute, un texte d'environ 650 mots écrit pour l'oreille, mémorisé par phrases-clés plutôt que par cœur, et une cible de 4 minutes 30. Le projet, qui est la seule partie où vous parlez de la collectivité, mérite deux minutes entières. Vous trouverez plus bas un exposé complet, rédigé, que vous pourrez adapter.
Ce que le texte demande pour l'exposé du concours territorial
L'épreuve est définie par le décret n° 2022-1133 du 5 août 2022 : un entretien « ayant pour point de départ un exposé du candidat sur sa formation, son parcours et son projet professionnels » (source : Légifrance, consulté le 27 septembre 2026). Trois mots, dans cet ordre. La note de cadrage de l'épreuve, rédigée par le centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne (version du 3 octobre 2022) et reprise dans les brochures des centres de gestion, précise l'esprit :
- le candidat doit équilibrer son propos entre la formation, le parcours et le projet ;
- il doit savoir annoncer un plan d'exposé réellement suivi ;
- et surtout, « le jury évalue moins le parcours lui-même que la manière dont le candidat lui donne sens ».
Cette dernière phrase devrait vous rassurer si votre parcours est discontinu. Des contrats courts, une interruption pour élever vos enfants, une reconversion à 40 ans : rien de tout cela n'est disqualifiant. Ce qui l'est, c'est de le présenter comme un accident ou de le cacher.
Le plan en trois temps de l'exposé de 5 minutes
Le plan le plus simple est le meilleur, parce qu'il s'entend sans support. Annoncez-le en vingt secondes : « Je vais vous présenter mon parcours en trois temps : ma formation et ce qu'elle m'a apporté, puis mon expérience et les compétences que j'y ai construites, enfin mon projet professionnel au sein d'une collectivité. »
| Temps | Durée cible | La question à laquelle il répond |
|---|---|---|
| 1. Présentation et formation | ≈ 1 min 15 | D'où je viens, et qu'ai-je compris en formation ? |
| 2. Parcours et compétences | ≈ 1 min 30 | Que sais-je faire, prouvé par des situations ? |
| 3. Projet professionnel | ≈ 1 min 45 | Où je vais, et pourquoi dans le service public territorial ? |
Temps 1 : la formation sans réciter le programme
Le jury connaît la formation d'auxiliaire de puériculture mieux que vous. Ne lui récitez pas les blocs de compétences. Dites où et quand vous avez été formée, en une phrase, puis racontez un moment de stage en trois phrases : le contexte, ce que vous avez fait, ce que vous en avez tiré. Un jury retient une situation, jamais un intitulé de module.
Temps 2 : un parcours raconté, pas subi
Pour chaque expérience : où, combien de temps, et ce que vous en retenez. Le troisième élément est obligatoire. Une expérience hors petite enfance — commerce, aide à domicile, restauration — se valorise : une caissière sait accueillir quelqu'un de tendu, une aide à domicile sait travailler seule et rendre compte. Remplacez les adjectifs (« sérieuse, motivée, dynamique ») par des verbes prouvés : j'observe, je transmets, je m'adapte.
Temps 3 : le projet, cœur de l'exposé
C'est ici que se joue la note, parce que c'est la seule partie où l'on entend si vous avez compris devant qui vous êtes assise. Quatre ingrédients : où (un type de structure précis : multi-accueil municipal, service de protection maternelle et infantile, crèche familiale), pourquoi le service public (égalité d'accès des familles, continuité, travail en réseau avec l'école, le relais petite enfance et la protection maternelle et infantile), ce que vous apporterez, et une perspective réaliste : la classe supérieure, une référence sur l'accueil inclusif ou l'alimentation, l'accueil de stagiaires.
🎁 Votre exposé, écrit et répété avec méthode
Le plan en trois temps, quatre profils d'exposé commentés, les dix erreurs qui coûtent cher et une trame à remplir : le livre du concours territorial vous accompagne jusqu'à la version finale.
Feuilleter le livre →Écrire l'exposé : 650 mots, phrases courtes
En parlant posément, on dit environ 130 à 150 mots par minute. Cinq minutes représentent donc 650 à 750 mots. Écrivez 650, pas plus : le jour J, vous parlerez plus vite qu'en répétition, mais vous hésiterez aussi, et la marge absorbe les deux. Comptez vraiment les mots, le traitement de texte le fait en un clic.
Écrivez pour l'oreille : phrases de dix à quinze mots, une idée par phrase, « c'est pourquoi » plutôt que « c'est la raison pour laquelle », « j'ai travaillé » plutôt que « j'ai eu l'opportunité d'effectuer ». Lisez chaque phrase à voix haute en l'écrivant : si vous manquez d'air avant la fin, coupez-la en deux.
Ce qu'on ne met pas : votre situation familiale sauf si elle explique un choix professionnel, vos difficultés personnelles, vos opinions, et surtout aucune critique d'un ancien employeur. Un jury qui entend une candidate critiquer sa crèche se dit qu'elle parlera de la commune de la même manière.
Exemple d'exposé rédigé pour le concours d'auxiliaire de puériculture territorial
Voici un exposé d'un peu plus de 600 mots, soit environ 4 minutes 30 dites posément, écrit pour une candidate fictive : Inès, 31 ans, diplômée en 2020, quatre ans en multi-accueil associatif après un premier métier dans la vente. Ne le récitez pas : servez-vous-en comme d'une ossature, et remplacez chaque exemple par un fait de votre propre parcours.
« Madame, Messieurs, bonjour. Je m'appelle Inès Martin, j'ai trente et un ans, je suis titulaire du diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture depuis 2020 et je travaille depuis quatre ans dans un multi-accueil associatif de quarante places. Je vais vous présenter mon parcours en trois temps : ma formation et ce qu'elle m'a apporté, puis mon expérience et les compétences que j'y ai construites, enfin mon projet au sein d'une collectivité territoriale.
Je ne suis pas arrivée tout de suite dans ce métier. J'ai d'abord travaillé cinq ans dans la vente. J'y ai appris à accueillir des personnes pressées ou inquiètes, et à garder mon calme quand l'équipe était réduite. C'est en accompagnant ma nièce à la crèche que j'ai découvert le travail des auxiliaires de puériculture, et que j'ai décidé de reprendre une formation.
J'ai suivi la formation en institut en 2019 et 2020. Ce que j'y ai compris, c'est que ce métier est technique. En stage en maternité, une mère n'osait pas donner le bain à son nouveau-né. La puéricultrice m'a demandé de rester à côté d'elle, sans rien faire à sa place. J'ai compris ce jour-là qu'une grande partie de notre travail consiste à faire de la place aux parents, et non à faire à leur place. C'est une idée que j'applique encore chaque matin, au moment de l'accueil.
Cette formation m'a conduite dans un multi-accueil associatif, où je travaille depuis quatre ans dans la section des moyens. J'y ai construit trois compétences. D'abord l'observation : c'est en notant les temps d'endormissement d'un enfant sur deux semaines que nous avons, en équipe, décalé sa sieste, et ses fins de matinée ont changé. Ensuite la transmission : je rédige les transmissions écrites de ma section, et j'ai participé à la refonte de notre cahier de liaison avec les familles. Enfin l'accompagnement des stagiaires : j'ai encadré trois élèves auxiliaires de puériculture, et j'ai appris à expliquer ce que je fais sans y penser.
J'ai aussi travaillé au protocole d'accueil d'un enfant porteur d'une maladie chronique, avec notre référente santé et accueil inclusif. Cette expérience m'a montré l'importance du travail avec les partenaires extérieurs : le médecin qui suit l'enfant, les parents, et l'équipe qui doit connaître la conduite à tenir sans jamais s'improviser soignante.
Un dernier exemple, plus quotidien. L'an dernier, notre section a connu une série de morsures sur trois semaines. Plutôt que de chercher un coupable, nous avons observé les moments où elles survenaient : presque toujours en fin de matinée, dans un espace trop petit pour dix enfants. Nous avons réaménagé l'espace et décalé un temps de jeu extérieur. Les morsures ont presque disparu. J'en ai retenu qu'un comportement d'enfant se lit souvent dans l'organisation.
Ces expériences m'amènent à mon projet. Je souhaite aujourd'hui exercer dans un multi-accueil municipal. D'abord parce que l'accueil y est ouvert à toutes les familles du territoire, avec une participation calculée sur leurs ressources : c'est un principe d'égalité auquel je tiens. Ensuite parce que la commune articule la crèche avec l'école maternelle, le relais petite enfance et la protection maternelle et infantile, et que ce travail en réseau m'intéresse. Enfin parce que, depuis 2025, les communes sont autorités organisatrices de l'accueil du jeune enfant : je veux participer à cette politique publique, pas seulement à un service.
Ce que j'apporterai, c'est une pratique de terrain solide, une attention particulière à l'accueil inclusif, et l'habitude d'accompagner des stagiaires. À moyen terme, je souhaite me former sur l'aménagement des espaces, et évoluer vers la classe supérieure du cadre d'emplois.
C'est ce qui m'amène devant vous aujourd'hui : exercer mon métier dans un service public ouvert à toutes les familles. Je vous remercie de votre attention. »
Relisez-le : le plan est annoncé puis suivi, chaque expérience produit une compétence, le premier métier devient un atout, la collectivité est nommée trois fois, la perspective reste modeste, la dernière phrase referme nettement, et le paragraphe sur les morsures est l'exemple « sacrifiable » à couper si vous êtes longue.
Mémoriser l'exposé sans le réciter
Aucun document n'est autorisé : il faut mémoriser. Mais un texte appris mot pour mot s'entend — débit plat, regard au plafond, et tout déraille au premier oubli. La solution : apprendre exactement sept phrases-ancres (l'ouverture, l'annonce du plan, les trois phrases qui ouvrent chaque temps, la phrase du projet, la conclusion) et dire le reste avec les mots du jour.
Répétez dans cet ordre : trois lectures à voix haute, cinq fois en regardant seulement le plan, dix fois debout et sans rien sur deux semaines, et au moins trois fois devant quelqu'un. Espacez les répétitions : la mémoire se consolide entre deux séances. Si un mot vous échappe le jour J, ralentissez et reprenez la dernière idée avec d'autres mots : le jury n'a pas votre texte.
Minutage de l'exposé : 4 minutes 30, pas 5
Notez en répétition vos temps de passage : environ 1 min 15 à la fin de la formation, 2 min 45 à la fin du parcours, 4 min 30 à la conclusion. Si vous êtes à 1 min 40 à la fin du premier bloc, vous savez quoi couper. Le jour de l'épreuve, pas de montre : si vous sentez que vous êtes longue, coupez un exemple du deuxième temps, jamais la conclusion. C'est pour cela qu'il faut en avoir un sacrifiable.
Un dernier conseil de formatrice : n'ajoutez rien la veille. L'idée qui vous vient au dernier moment, notez-la à part — elle vous servira pendant les quinze minutes de questions.
Questions fréquentes
Combien de temps dure l'exposé du concours d'auxiliaire de puériculture territorial ?
Cinq minutes au plus. Le jury ne peut pas vous interrompre avant, mais il vous arrête si vous dépassez. La note de cadrage pénalise aussi bien l'exposé resté inachevé que l'exposé excessivement court. Visez 4 minutes 30.
Sur quoi porte l'exposé ?
Sur trois objets imposés par le décret n° 2022-1133 du 5 août 2022 : votre formation, votre parcours et votre projet professionnels. Un exposé qui n'en traite que deux est incomplet, et la note de cadrage demande d'équilibrer le propos entre les trois.
Combien de mots faut-il écrire pour cinq minutes ?
À l'oral, on dit environ 130 à 150 mots par minute en parlant posément. Écrivez autour de 650 mots : le stress accélère le débit, et une marge vaut mieux qu'un exposé coupé avant la conclusion.
Peut-on lire ses notes pendant l'exposé ?
Non, aucun document n'est autorisé pendant l'épreuve. Il faut donc mémoriser l'ossature de l'exposé et quelques phrases-clés, sans apprendre tout le texte mot pour mot, ce qui rend le débit plat et fragile en cas d'oubli.
Que mettre dans la partie projet professionnel ?
Le lieu où vous voulez exercer, pourquoi le service public territorial, ce que vous apporterez à la collectivité et une perspective d'évolution réaliste, comme la classe supérieure ou une spécialisation. « Réussir le concours » n'est pas un projet.
Pour aller plus loin
L'exposé est la seule partie de l'épreuve que vous pouvez préparer entièrement. C'est aussi celle qui donne le ton des quinze minutes suivantes : un exposé net installe une candidate sereine, et les premières questions rebondissent sur ce que vous avez dit. Écrivez une première version cette semaine, même imparfaite, lisez-la à voix haute avec un chronomètre, puis laissez-la reposer deux jours avant de la réécrire. Vérifiez ensuite que votre projet répond bien aux questions que le jury posera juste après — vous en trouverez la liste dans nos 40 questions du jury. Le livre consacré au concours territorial propose une trame d'exposé à remplir et quatre exemples selon les profils : jeune diplômée, salariée du privé, venue de l'hôpital, reconversion.
Objectif Petite Enfance