40 questions du jury au concours d'auxiliaire de puériculture territorial, avec réponses
Au concours d'auxiliaire de puériculture territorial, les questions du jury couvrent six thèmes — votre parcours et votre motivation, le métier et ses limites, la santé et la sécurité, l'équipe et les familles, la fonction publique territoriale, et l'actualité sanitaire et sociale. Il n'existe aucun programme officiel : les questions ci-dessous viennent des domaines listés par la note de cadrage de l'épreuve et des retours de candidates. Pour chacune, une réponse courte que vous devez reformuler avec vos mots et illustrer par un exemple vécu — jamais réciter.
Un rappel sur la forme avant le fond. Ces questions arrivent pendant les quinze minutes qui suivent votre exposé, sans temps de préparation et sans document (décret n° 2022-1133 du 5 août 2022, Légifrance ; note de cadrage du centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne, reprise dans les brochures 2025 et 2026, consultées le 27 septembre 2026). Une bonne réponse dure entre quarante secondes et une minute trente, et suit trois temps : se situer en une phrase, répondre en deux ou trois points annoncés, ancrer par un exemple ou une règle. Les réponses proposées ici sont des ossatures : à l'oral, vous les développerez. Les premières questions rebondissent presque toujours sur votre exposé de 5 minutes : soignez-le, il oriente la suite. Et si vous découvrez le concours, commencez par ses conditions et son déroulé.
Questions du jury : votre parcours et votre motivation
1. Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?
Par un fait, pas par une vocation abstraite : un stage, une rencontre. Puis basculez sur la technicité : « ce qui me tient aujourd'hui, c'est l'observation ». Bannissez « j'aime les enfants », vrai de toutes les candidates.
2. Pourquoi passez-vous ce concours ?
« Pour exercer mon métier dans un service public ouvert à toutes les familles, dans une équipe stable, au sein d'une politique locale. Et parce que le statut m'offre une carrière. » Le service d'abord, la sécurité ensuite.
3. Pourquoi la fonction publique territoriale plutôt que l'hospitalière ?
« Ce sont deux versants, deux employeurs, deux concours. Je veux travailler auprès d'enfants bien portants, dans la durée, avec les familles au quotidien, et dans un réseau communal : crèche, école, relais petite enfance, protection maternelle et infantile. »
4. Pourquoi quitter votre poste actuel ?
Toujours par attrait, jamais par fuite : l'accueil ouvert à toutes les familles, le tarif calculé sur les ressources, le projet inscrit dans une politique publique. Aucune critique de l'employeur actuel.
5. Vous n'avez jamais travaillé en collectivité : n'est-ce pas un handicap ?
Reconnaissez le manque avec un plan : « Je m'y suis préparée : je connais mon cadre d'emplois, la répartition des compétences entre commune et département, les principes du service public. Mes gestes professionnels, eux, ne dépendent pas du statut de l'employeur. »
6. Où vous voyez-vous dans cinq ans ?
« Titulaire, avec de l'expérience en multi-accueil, formée sur un sujet précis comme l'accueil inclusif, et à terme la classe supérieure. » Réaliste : on ne vise pas la direction.
7. Que ferez-vous si vous n'êtes pas admise ?
« Je continuerai d'exercer et je repasserai le concours : il n'y a pas de limite de tentatives, et je saurai ce que j'ai à travailler. »
Questions du jury : le métier et son périmètre
8. Qu'est-ce qu'une auxiliaire de puériculture ?
« Un professionnel de santé, qui collabore aux soins infirmiers dans les conditions de l'article R. 4311-4 du code de la santé publique. Concrètement : les soins du quotidien, l'éveil, l'observation, les transmissions et la participation au projet d'établissement. »
9. Où peut exercer une auxiliaire de puériculture territoriale ?
Crèche collective, multi-accueil, halte-garderie, crèche familiale, service de protection maternelle et infantile, pouponnière, maison d'enfants à caractère social. Citez-en au moins quatre.
10. Quelle différence avec une éducatrice de jeunes enfants ?
La complémentarité : « Elle est en catégorie A, conçoit et pilote le projet pédagogique. Je suis professionnelle de santé en catégorie B, sur les soins, l'éveil et l'observation. Nous travaillons sur le même groupe, avec des champs différents. »
11. Que ne pouvez-vous pas faire ?
« Je ne pose pas de diagnostic, je n'administre pas de médicament hors prescription et protocole écrit, je ne décide pas seule d'un changement d'accompagnement, je ne qualifie pas une situation de maltraitance. J'observe, je décris, je transmets. »
12. Qu'est-ce qu'un accueil de qualité ?
« Un accueil individualisé dans un cadre collectif : le rythme de chaque enfant respecté, une équipe stable et formée, un espace pensé pour l'exploration, des familles associées, et un projet écrit qui donne une cohérence. »
13. Qu'apporteriez-vous à notre collectivité ?
Deux ou trois apports vérifiables — une expérience précise, une compétence sur l'hygiène ou l'accueil inclusif, l'accueil de stagiaires — puis une phrase sur le collectif. Pas d'adjectifs.
Questions du jury : les soins, la santé et la sécurité
14. Un enfant a 38,5 °C. Que faites-vous ?
Mesurer et noter l'heure, découvrir l'enfant, le faire boire, observer son état général, prévenir la responsable qui contacte la famille, appliquer le protocole écrit pour un éventuel antipyrétique, consigner. Le protocole, pas l'initiative.
15. Un parent vous demande de donner un médicament.
« Je ne peux administrer un médicament que sur prescription médicale, dans le cadre d'un protocole écrit ou d'un projet d'accueil individualisé, avec l'autorisation des parents et selon les règles de l'établissement. Sinon, je transmets à la direction. »
16. Un enfant arrive avec un hématome sur la joue.
Observer précisément et noter, accueillir normalement, demander simplement au parent sans mettre en cause, transmettre le jour même à la responsable, consigner. « Je décris ce que j'observe et je transmets à la personne compétente. »
17. Un enfant s'étouffe.
S'il tousse ou pleure, on l'encourage à tousser et on surveille, sans taper dans le dos. S'il ne peut plus respirer, on applique les gestes appris en formation aux premiers secours et on fait alerter le 15.
18. Comment couchez-vous un nourrisson ?
Sur le dos, sur un matelas ferme, dans une turbulette ou gigoteuse, sans rien d'autre dans le lit, visage dégagé, dans une pièce tempérée, avec une surveillance régulière.
19. Réveilleriez-vous un enfant pour le repas ?
« Non, sauf consigne médicale écrite : le sommeil est un besoin physiologique, le repas peut être décalé. C'est un point d'organisation qui se tranche en équipe. » Position à défendre calmement si le jury conteste.
20. Que pensez-vous des écrans pour les tout-petits ?
« Pas d'écran en établissement ni avant trois ans. L'enfant apprend par l'interaction et le mouvement. Avec les familles, j'explique plutôt que d'interdire, et je propose des alternatives. »
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21. Une collègue ne respecte pas un protocole.
Distinguer une différence de pratique d'un manquement à la sécurité ; en parler d'abord à la collègue, en privé ; transmettre à la responsable si cela se répète ou si la sécurité est en jeu ; jamais devant les familles.
22. Vous voyez une collègue crier sur un enfant.
Prendre le relais auprès de l'enfant immédiatement, en parler à la collègue ensuite, transmettre à la responsable. Le respect de l'enfant n'est pas négociable.
23. Quels sont les taux d'encadrement ?
« Un professionnel pour cinq enfants qui ne marchent pas et un pour huit qui marchent, ou, selon l'option retenue par l'établissement, un pour six pour l'ensemble. Le critère est l'acquisition de la marche, pas l'âge. »
24. Qu'est-ce que le projet d'établissement ?
« Le document obligatoire qui explicite les valeurs, les projets éducatif et social, l'organisation, et la manière dont la charte nationale est mise en œuvre. Le règlement de fonctionnement, lui, fixe les règles pour les familles. »
25. Une mère demande quel enfant a mordu le sien.
« Je comprends votre inquiétude. Je vous explique ce qui s'est passé et ce que nous avons fait, mais je ne peux pas nommer l'autre enfant : c'est une règle qui protège tous les enfants, y compris le vôtre. »
26. Un parent vous demande de coucher son enfant sur le ventre.
« L'établissement applique les recommandations nationales de couchage. Un couchage différent ne peut reposer que sur une prescription médicale écrite, examinée par la direction. Je transmets votre demande. »
27. Un parent vous confie qu'il n'en peut plus.
Écouter sans minimiser, ne rien promettre, ne pas donner de conseil éducatif, transmettre à la direction pour que la famille soit orientée : protection maternelle et infantile, lieu d'accueil enfants-parents, centre communal d'action sociale.
Questions du jury : la fonction publique territoriale
28. Quelles sont les trois fonctions publiques ?
« État, territoriale, hospitalière, régies par le code général de la fonction publique. Dans la territoriale, le concours ouvre une liste d'aptitude, pas un poste. »
29. Quel est votre cadre d'emplois ?
« Filière médico-sociale, catégorie B, cadre d'emplois des auxiliaires de puériculture territoriaux, grade d'auxiliaire de puériculture de classe normale. »
30. Pourquoi êtes-vous en catégorie B ?
« Depuis le décret n° 2021-1882 du 29 décembre 2021, dans le prolongement du Ségur de la santé : la reconnaissance du caractère soignant du métier. »
31. Qui sera votre employeur ?
« Une collectivité territoriale ou un établissement public : commune, intercommunalité, département, centre communal d'action sociale. L'autorité territoriale, maire ou président, nomme et décide en matière de personnel. »
32. Qui fait quoi entre la commune et le département ?
« La commune organise et gère l'accueil du jeune enfant. Le département exerce la protection maternelle et infantile et la protection de l'enfance : il autorise et contrôle les établissements et agrée les assistants maternels. »
33. Quels sont les principes du service public ?
« Égalité, continuité, adaptabilité, auxquels s'ajoutent neutralité et laïcité. » Puis un exemple en crèche pour chacun : tarif selon les ressources, remplacements organisés, horaires adaptés aux besoins.
34. Citez des obligations du fonctionnaire.
Dignité, impartialité, probité, neutralité, laïcité, secret et discrétion professionnels, obéissance hiérarchique — sauf ordre manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.
35. Que se passe-t-il si vous êtes admise ?
« Je suis inscrite sur une liste d'aptitude de validité nationale, valable deux ans et prolongeable jusqu'à quatre sur demande écrite. Je cherche ensuite un poste, puis je suis stagiaire un an avant titularisation. »
Questions du jury : l'actualité sanitaire et sociale
36. Qu'est-ce que le service public de la petite enfance ?
« Créé par la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi, en vigueur depuis le 1er janvier 2025 : les communes deviennent autorités organisatrices de l'accueil du jeune enfant — recensement des besoins, information des familles, et pour les plus grandes, un schéma pluriannuel et un relais petite enfance. »
37. Qu'est-ce que la charte nationale pour l'accueil du jeune enfant ?
« Un texte fixé par arrêté du 23 septembre 2021, qui pose des principes communs : sécurité affective, parents premiers éducateurs, accueil inclusif, importance du jeu libre. Chaque projet d'établissement doit dire comment il la met en œuvre. »
38. Que sont les « 1 000 premiers jours » ?
« La période qui va du quatrième mois de grossesse aux deux ans de l'enfant, décisive pour son développement. Une mesure concrète : l'allongement du congé de paternité et d'accueil de l'enfant à 28 jours en 2021. »
39. Que pensez-vous des affaires de maltraitance en crèche ?
Parlez de maltraitance institutionnelle : des effets d'organisation, sans mauvaise intention individuelle. D'où l'importance des effectifs, des contrôles renforcés et du protocole obligatoire en cas de suspicion de maltraitance.
40. Pourquoi le secteur manque-t-il de professionnels ?
De l'analyse, pas de la plainte : rémunérations longtemps faibles, conditions de travail exigeantes, remplacements difficiles. Puis les réponses engagées : le passage en catégorie B, l'élargissement des qualifications, les travaux sur l'attractivité.
Comment utiliser ces 40 questions du jury
Ne les apprenez pas par cœur : un jury de professionnelles repère une réponse récitée en une phrase, et la note de cadrage valorise la candidate qui pense en direct. Travaillez-les à voix haute, par séries de cinq, en vous enregistrant. Réécoutez-vous le lendemain, jamais le jour même. Puis demandez à quelqu'un de vous en poser dix au hasard, sans prévenir, une fois par semaine : c'est la surprise qui entraîne, pas la répétition.
Priorité à la fonction publique territoriale et à l'actualité : vous êtes diplômée, c'est sur ces deux blocs que vous progresserez le plus vite et que se creusent les écarts. Et préparez-vous à la question que vous ne connaîtrez pas — elle viendra : notre article sur comment répondre à une question qu'on ne connaît pas vous donne une formule en trois mouvements.
Questions fréquentes
Existe-t-il une liste officielle des questions du concours d'auxiliaire de puériculture territorial ?
Non. Il n'y a aucun programme réglementaire. Une note de cadrage indicative, diffusée par les centres de gestion, liste les domaines d'interrogation : prise en charge de l'enfant, soins, éveil, place dans l'équipe, projet d'établissement, environnement professionnel et fonction publique territoriale, textes sanitaires et sociaux récents.
Combien de questions pose le jury ?
Cela dépend de la longueur des réponses. Sur une quinzaine de minutes, comptez en général entre dix et quinze questions, certaines étant des relances sur votre réponse précédente.
Faut-il apprendre les réponses par cœur ?
Non. Apprenez l'ossature et les repères clés — textes, dates, chiffres — puis reformulez avec vos mots et un exemple vécu. Une réponse récitée s'entend immédiatement et donne l'impression que vous ne pensez pas.
Quelles questions posent le plus de difficultés ?
Celles sur la fonction publique territoriale et l'actualité sanitaire et sociale : la plupart des candidates sont solides sur l'enfant et fragiles sur l'employeur. La répartition des compétences entre commune et département est la réponse la plus rentable à préparer.
Le jury peut-il poser une question piège ?
Il pose des questions déstabilisantes, pour vérifier que vous savez défendre une idée sans vous entêter et reconnaître une erreur. Restez posée, argumentez une fois, et concédez si l'argument du jury est meilleur.
Pour aller plus loin
Une banque de questions n'a de valeur que si vous la travaillez à voix haute. Choisissez ce soir cinq questions dans le bloc qui vous fait le plus peur — souvent la fonction publique — et répondez-y en vous enregistrant, chacune en moins d'une minute trente. Recommencez demain avec cinq autres. En deux semaines, vous aurez fait le tour, et surtout vous aurez construit des réflexes : se situer, répondre, ancrer. Pour replacer ces questions dans le déroulé réel de l'épreuve, relisez l'entretien minute par minute. Et si vous voulez aller jusqu'au bout de l'entraînement, le livre consacré au concours territorial contient 80 questions rédigées, classées par thème, avec ce que le jury écoute derrière chacune.
Objectif Petite Enfance