ATSEM · Oral d'admission

Les mises en situation à l'oral ATSEM : 15 cas corrigés

Lecture : 12 min · Objectif Petite Enfance
Salle de classe de maternelle vide avec tapis jaune, meubles de rangement en bois et tables d'enfants

La mise en situation est prévue par le texte lui-même. Aux concours interne et troisième concours, l'entretien « se poursuit par une conversation visant à apprécier, le cas échéant sous forme de mise en situation professionnelle, la capacité du candidat à analyser son environnement professionnel et à résoudre les problèmes les plus fréquemment rencontrés ». Le jury ne cherche donc pas une réponse parfaite : il vérifie que vous savez hiérarchiser. Et cela s'apprend, parce que presque tous les cas se traitent avec la même méthode en quatre temps. La voici, suivie de quinze situations corrigées.

La méthode en quatre temps qui marche sur presque tous les cas

Le cadrage national de l'épreuve, actualisé le 11 octobre 2024 par une cellule pédagogique nationale associant des représentants des centres de gestion, précise que l'intitulé réglementaire « invite le jury à contextualiser ses questions en recourant le cas échéant à une mise en situation professionnelle », et ajoute que « la volonté d'évaluer des aptitudes professionnelles plutôt que des connaissances théoriques à visée générale est ainsi manifeste ». Il précise aussi que seront évitées les questions dont les réponses dépendraient de pratiques très spécifiques à une collectivité : on vous interroge sur ce qu'une ATSEM rencontre partout.

D'où une méthode simple, à appliquer dans cet ordre — et c'est l'ordre qui est noté.

Le réflexe qui rassure le jury : dire « je ne reste pas seule avec ça ». Une ATSEM qui décide seule d'un sujet éducatif, médical ou disciplinaire inquiète autant qu'une ATSEM qui ne fait rien. La bonne posture tient en deux mouvements : j'agis tout de suite sur ce qui relève de moi, je transmets immédiatement ce qui relève des autres.

Cas 1 à 5 : les situations du quotidien avec les enfants

Cas 1 — Un enfant de moyenne section en mord un autre pendant la récréation. Je m'occupe d'abord de l'enfant mordu : je le console, j'examine la morsure, je nettoie à l'eau et au savon, j'applique du froid si nécessaire. Je reviens ensuite vers le mordeur, à sa hauteur, avec une phrase courte et ferme : « On ne mord pas, ça fait mal. » Pas de punition spectaculaire, jamais de morsure « rendue ». Je note l'incident au registre des soins, j'en informe l'enseignante, et les deux familles sont prévenues le soir — sans qu'on nomme l'autre enfant. En prévention, je signale que ce même enfant mord toujours vers 11 h, quand la faim et la fatigue s'additionnent.

Cas 2 — Un enfant vomit en pleine classe. Je m'occupe de lui, je l'isole doucement du groupe sans le mettre seul, je le change et je le rassure. Je préviens l'enseignante et la directrice, qui décide de l'appel à la famille. Je nettoie ensuite selon le protocole : gants, produit adapté, matériel dédié, aération, et jamais le même matériel pour le reste de la classe.

Cas 3 — Un enfant refuse de manger à la cantine et repousse son assiette. Je ne force jamais. Je propose de goûter une bouchée, je valorise ce qu'il mange, je vérifie qu'il n'y a pas un PAI ou un interdit alimentaire familial, et je signale aux parents si le refus dure. Notre article sur l'enfant qui ne mange pas explique pourquoi la pression à table produit l'effet inverse.

Cas 4 — Un enfant tombe dans la cour et saigne du front. Je sécurise la zone, je mets des gants, je comprime avec une compresse propre, j'évalue : une plaie au front saigne beaucoup sans être toujours grave, mais une perte de connaissance, des vomissements ou une somnolence imposent l'appel du 15. Je préviens la directrice, j'inscris au registre, et la famille est informée le jour même — pas le lendemain.

Cas 5 — Un enfant de petite section s'endort systématiquement pendant l'atelier du matin. Je le laisse se reposer plutôt que de le maintenir éveillé, j'en parle à l'enseignante, et si cela se répète, je transmets l'observation pour que l'école échange avec la famille. Une observation sans interprétation vaut mieux qu'un diagnostic maison.

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Cas 6 à 10 : hygiène, sécurité et santé

Cas 6 — Un enfant sous PAI pour allergie à l'arachide, et un parent apporte un gâteau maison pour un anniversaire. Je n'autorise pas la distribution. Je renvoie à la directrice et au règlement intérieur de l'école, qui encadre les goûters d'anniversaire. Le PAI prévoit ce qui est possible : souvent un panier de produits fournis par la famille de l'enfant allergique, avec composition connue. On ne « surveille » pas un enfant allergique en le laissant à table avec un produit non identifié.

Cas 7 — Vous découvrez un bidon de produit d'entretien laissé dans le couloir. Je le mets immédiatement hors de portée, je le range dans le local fermé, je vérifie qu'aucun enfant n'y a touché, et je signale l'oubli — sans accuser personne nommément. Je rappelle la règle : contenant d'origine, étiquette lisible, local fermé à clé, jamais de transvasement dans une bouteille alimentaire.

Cas 8 — Un parent vous demande de donner un sirop à son enfant à midi. Je refuse, avec explication : un médicament ne peut être administré que dans le cadre d'un projet d'accueil individualisé signé et selon son protocole écrit. Je renvoie vers la directrice et le médecin scolaire pour mettre en place un PAI si le traitement doit durer.

Cas 9 — Des poux sont repérés dans la classe. Je préviens l'enseignante et la directrice, qui informe les familles par un mot collectif, sans jamais désigner un enfant. Je ne procède à aucun examen des têtes de ma propre initiative. Je renforce l'aération et la séparation des vêtements aux porte-manteaux, et je ne renvoie personne : la pédiculose n'est pas une maladie à éviction.

Cas 10 — Un enfant de 4 ans arrive avec des hématomes sur les bras et se rétracte quand on le touche. C'est le cas qui fait le plus peur, et il a une réponse claire : je ne mène aucune enquête, je ne questionne pas l'enfant, je n'interroge pas les parents. J'écris ce que j'ai vu, factuellement, sans interprétation, et je transmets immédiatement à la directrice, à qui il revient de saisir les autorités compétentes. En tant qu'agent public, je suis tenue de signaler ce dont j'ai connaissance : me taire n'est pas une option, enquêter non plus.

Cas 11 à 15 : équipe, familles et cadre hiérarchique

Cas 11 — L'enseignante vous demande de surveiller seule la classe pendant qu'elle s'absente vingt minutes. Je peux encadrer un atelier, mais la responsabilité pédagogique de la classe reste à l'enseignante, qui doit rester en mesure de contrôler l'activité. Si l'absence est ponctuelle et courte, j'en réfère à la directrice ; si la demande se répète, j'en parle d'abord avec l'enseignante, puis avec mon responsable à la mairie.

Cas 12 — Un parent vous reproche vivement, devant les autres familles, de mal surveiller son enfant. Je ne réponds pas sur le même registre et je ne discute pas devant le groupe. Je propose de poursuivre à l'écart ou de convenir d'un rendez-vous avec la directrice. Je préviens ensuite la directrice et mon responsable, et je consigne les faits par écrit le jour même.

Cas 13 — À 16 h 45, un enfant n'a toujours pas été récupéré. Je le garde avec moi, je ne le laisse jamais seul et je ne le confie à personne dont le nom ne figure pas sur la fiche de renseignements. La directrice ou l'équipe contacte la famille, puis les personnes autorisées. Si personne n'est joignable, c'est la directrice qui alerte les services compétents. Je reste avec l'enfant et je lui parle normalement : l'angoisse de l'adulte se transmet en trente secondes.

Cas 14 — Vous entendez une collègue crier fortement sur un enfant. Je n'interviens pas devant les enfants. J'en parle avec elle, calmement, hors de leur présence. Si la situation se répète ou dépasse le cri — geste, humiliation —, je transmets à la directrice et à ma hiérarchie communale. La discrétion professionnelle ne couvre pas la protection de l'enfance.

Cas 15 — Un enfant en situation de handicap arrive dans la classe, accompagné par une AESH. Je repère avec l'enseignante et l'AESH la répartition des rôles : l'AESH accompagne cet enfant, je reste l'ATSEM de toute la classe. Je m'appuie sur le projet personnalisé de scolarisation pour connaître les aménagements. Le décret de 1992 prévoit d'ailleurs explicitement que l'ATSEM peut assister les enseignants dans les classes accueillant des enfants à besoins éducatifs particuliers.

Les trois phrases qui coulent un candidat. « Je gronde l'enfant » : le jury attend une réponse éducative, pas punitive. « Je préviens directement les parents » alors que la décision revient à la directrice : c'est un dépassement de champ. « Je ne dis rien pour ne pas faire d'histoires » : sur une suspicion de maltraitance ou un risque, c'est rédhibitoire.

Comment s'entraîner sans jury en face

Prenez une situation par jour et répondez à voix haute en une minute trente, dans l'ordre sécuriser / agir / transmettre / prévenir. Chronométrez-vous : au-delà de deux minutes on perd le jury, en dessous de trente secondes on paraît vide. Puis vérifiez : avez-vous dit qui vous prévenez ? avez-vous proposé une prévention ?

Deuxième exercice, plus efficace encore : reprenez cinq situations réellement vécues dans votre école et écrivez-les au format des quinze cas ci-dessus. Ce sont elles qui nourriront aussi votre exposé — voir notre article sur l'exposé de 5 minutes à l'oral ATSEM — et les questions plus théoriques du jury, dont nous avons rassemblé quarante exemples avec leurs réponses.

Ce qu'il faut retenir

Questions fréquentes

Y a-t-il des mises en situation à l'oral du concours ATSEM externe ?

Le décret n° 2010-1068 du 8 septembre 2010 modifié ne prévoit la mise en situation que pour le concours interne et le troisième concours : l'entretien y « se poursuit par une conversation visant à apprécier, le cas échéant sous forme de mise en situation professionnelle », la capacité à analyser son environnement et à résoudre les problèmes courants. Au concours externe, l'entretien de quinze minutes porte sur l'aptitude, la motivation et la connaissance de l'environnement professionnel — mais rien n'empêche le jury de contextualiser une question par un cas concret, et il le fait souvent.

Combien de mises en situation le jury pose-t-il ?

En général deux ou trois, à l'intérieur des quinze minutes de conversation qui suivent l'exposé. Le cadrage national donne une grille indicative : cinq minutes au plus de présentation, quinze minutes au moins pour la capacité à analyser son environnement professionnel et à résoudre des problèmes. Comptez donc une minute trente à deux minutes par cas, questions de relance comprises.

Faut-il donner une réponse unique ou plusieurs possibilités ?

Une réponse assumée, puis une nuance si elle est utile. Dire « ça dépend » sans trancher donne l'impression d'une candidate qui n'ose pas décider. En revanche, préciser « si l'enfant est conscient et que la plaie est superficielle, je fais ceci ; en cas de perte de connaissance, j'appelle le 15 » montre exactement ce que le jury cherche : la capacité à hiérarchiser selon la gravité.

Que répondre si la situation dépasse ses compétences ?

Dites-le, c'est une bonne réponse. Le métier d'ATSEM s'exerce dans un cadre où l'enseignante, la directrice et la collectivité ont chacune leur champ. Une candidate qui déclare « je fais ce qui relève de moi et je transmets immédiatement » montre une juste appréciation de la hiérarchie — que le cadrage national cite explicitement parmi les capacités évaluées tout au long de l'entretien.

Comment répondre à un cas de suspicion de maltraitance ?

Sans enquêter et sans se taire. Vous ne questionnez pas l'enfant, vous ne confrontez pas les parents, vous n'émettez aucun diagnostic. Vous écrivez ce que vous avez constaté de façon factuelle — ce que vous avez vu, entendu, à quelle date —, et vous transmettez sans délai à la directrice de l'école, à qui il revient de saisir les autorités compétentes. C'est la seule réponse qui protège à la fois l'enfant et vous.

Pour aller plus loin

Un mot sur ce que ces quinze cas ont en commun, parce que c'est là que se joue la note. Aucun ne demande une connaissance rare : ils demandent de savoir ce qui relève de vous, ce qui relève de l'enseignante, ce qui relève de la directrice et ce qui relève de la mairie. Le jury, composé pour un tiers d'élus locaux, pour un tiers de fonctionnaires territoriaux et pour un tiers de personnalités qualifiées, entend toute la journée des candidates qui débordent de leur champ par excès de zèle ou qui s'y enferment par prudence. Celles qui sortent du lot tiennent la ligne : j'agis, je transmets, je propose. Tout le programme du concours, la méthode de chaque épreuve et quinze sujets blancs corrigés sont réunis dans l'ouvrage présenté ci-dessous.

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