Les 5 blocs de compétences du DEAP expliqués simplement
Depuis la réforme de 2021, le Diplôme d'État d'Auxiliaire de Puériculture (DEAP) n'est plus un examen final : c'est un diplôme construit sur 5 blocs de compétences, validés séparément tout au long de l'année. Bloc 1 : les soins de l'enfant au quotidien. Bloc 2 : l'état clinique et les soins adaptés. Bloc 3 : la relation et l'accompagnement. Bloc 4 : l'entretien de l'environnement. Bloc 5 : le travail en équipe et les transmissions. Quand les cinq sont validés, le diplôme est acquis. Voici ce que chaque bloc contient concrètement, comment il est évalué, et comment vous organiser pour ne jamais vous laisser dépasser.
Un bloc de compétences, c'est quoi exactement ?
En formation d'auxiliaire de puériculture, on ne valide pas des « matières » comme au lycée : on valide des compétences professionnelles, c'est-à-dire des choses que vous devez savoir faire sur le terrain, auprès des enfants et de leurs familles. Le référentiel officiel (arrêté du 10 juin 2021, consultable sur Légifrance) définit ainsi 5 blocs de compétences et 10 modules de formation (plus un module 1bis) qui vous préparent aux compétences de chaque bloc.
Concrètement, un bloc de compétences, c'est un ensemble cohérent qui réunit trois choses :
- Un ou plusieurs modules de cours à l'IFAP (les connaissances théoriques et pratiques) ;
- Des évaluations de modules pendant l'année : études de situation, épreuves écrites ou pratiques ;
- Des compétences observées en stage, évaluées par les professionnels qui vous encadrent et tracées dans votre portfolio.
Pourquoi ce découpage ? Parce qu'il rend le diplôme modulaire. Un bloc validé reste acquis. Un bloc raté se rattrape seul, sans refaire toute la formation. Et certains diplômes (DEAS, bac pro ASSP, CAP AEPE…) donnent des dispenses de blocs entiers : c'est ce qu'on appelle les cursus partiels. Ce système sert aussi de base à la VAE.
Les 5 blocs de compétences du DEAP en un coup d'œil
💡 Pour le détail module par module (contenus, volumes horaires, notions à connaître par cœur), consultez notre article sur les 10 modules de la formation d'auxiliaire de puériculture.
Bloc 1 : les soins de l'enfant au quotidien (modules 1, 1bis et 2)
C'est le bloc le plus volumineux et le plus identitaire du métier. Le module 1 (environ 147 heures) couvre les besoins fondamentaux de l'enfant, le développement de 0 à 6 ans, l'alimentation (biberons, diversification), les soins d'hygiène et de confort, le sommeil. Le module 1bis (28 heures), propre à la formation d'auxiliaire de puériculture, est consacré aux activités d'éveil, de loisirs et à la vie sociale de l'enfant. Le module 2 traite du repérage et de la prévention des situations à risque : protection de l'enfance, sécurité, accidents domestiques.
Sur le terrain, ce bloc, c'est votre journée type en crèche : un change en observant l'état cutané du siège, un repas où vous adaptez les textures à l'âge, une activité de motricité libre que vous installez en sécurisant l'espace. Quand votre tutrice de stage évalue « la qualité de vos soins du quotidien », c'est le bloc 1 qu'elle renseigne.
Comment il se valide : une étude de situation pendant l'année (on vous décrit une situation d'enfant, vous proposez un accompagnement argumenté) et l'évaluation des compétences correspondantes en milieu professionnel.
Bloc 2 : état clinique et soins adaptés (modules 3, 4 et 5)
Le deuxième gros morceau de l'année, et celui qui impressionne le plus les élèves au départ. Le module 3 vous apprend à évaluer l'état clinique d'un enfant : paramètres vitaux (température, fréquences cardiaque et respiratoire, saturation), observation, signes d'alerte chez le nourrisson. Le module 4 porte sur la mise en œuvre des soins adaptés, toujours en collaboration avec l'infirmière ou la puéricultrice. Le module 5 couvre la mobilité : portage, installation, ergonomie, prévention des troubles musculo-squelettiques — les vôtres aussi.
Sur le terrain, c'est le bloc des situations où l'on ne « devine » pas : un bébé de 8 mois fébrile et grognon à l'accueil du matin, une température à prendre correctement, des constantes à transmettre à la puéricultrice avec les bons mots et sans délai. En stage de maternité ou de pédiatrie, ce bloc est observé de très près.
Comment il se valide : évaluations théoriques et pratiques (dont des mises en situation de soins) et évaluation en stage. C'est le bloc qui demande le plus de mémorisation chiffrée : normes des paramètres vitaux par âge, signes d'alerte, protocoles.
Bloc 3 : relation, communication et accompagnement (modules 6 et 7)
Un bloc parfois sous-estimé pendant les révisions… et pourtant décisif dans les évaluations de stage. Le module 6 traite de la relation et de la communication avec l'enfant et son entourage : accueil du matin, transmissions orales aux parents, juste distance professionnelle, bientraitance. Le module 7 concerne l'accompagnement des personnes en formation : accueillir un nouveau stagiaire, transmettre un savoir-faire, se situer dans une équipe qui apprend.
Sur le terrain, c'est ce moment où une maman vous confie en vitesse que la nuit a été courte et que vous devez à la fois la rassurer, recueillir l'information utile et la retransmettre à l'équipe. Les professionnelles qui vous évaluent y sont très attentives : on peut réussir un soin techniquement et le rater relationnellement.
Bloc 4 : entretien de l'environnement et des matériels (module 8)
Un seul module, mais des automatismes à acquérir pour toute votre carrière : hygiène des locaux, entretien du matériel (lits, plans de change, jouets, biberonnerie), circuits propre/sale, prévention des infections associées aux soins. En collectivité, où un virus fait le tour d'une section en trois jours, ce bloc n'a rien d'accessoire.
Sur le terrain, c'est le protocole de nettoyage du plan de change entre deux enfants, la gestion du linge, le respect du circuit des biberons. En stage, c'est souvent l'un des premiers domaines qu'on vous confie en autonomie — donc l'une de vos premières occasions de marquer des points.
Bloc 5 : travail en équipe et traitement des informations (modules 9 et 10)
Le module 9 couvre le traitement des informations : transmissions ciblées, dossier de l'enfant, secret professionnel et discrétion. Le module 10 porte sur le travail en équipe pluriprofessionnelle, la qualité et la gestion des risques : qui fait quoi dans une crèche ou un service, comment signaler un événement indésirable, comment participer à la démarche qualité.
Sur le terrain, c'est la transmission écrite après la sieste (« a dormi 1 h 40, réveil calme »), la relève entre l'équipe du matin et celle de l'après-midi, le réflexe de signaler une barrière de lit défectueuse. Des gestes discrets, mais qui font la différence entre une équipe qui fonctionne et une équipe qui subit.
Comment les blocs sont-ils validés ? (le contrôle continu expliqué)
Point essentiel, souvent mal compris : depuis la réforme de 2021, il n'y a plus d'examen final unique. Le DEAP se valide en contrôle continu, bloc par bloc, tout au long de l'année :
- Les modules de chaque bloc sont évalués pendant la formation (études de situation, épreuves écrites, pratiques simulées) ;
- Les compétences du bloc sont évaluées en stage par les professionnels, à l'aide de votre portfolio ;
- Chaque bloc doit être validé pour lui-même : il faut obtenir la moyenne au bloc, et il n'y a pas de compensation entre les blocs — un excellent bloc 4 ne rattrape pas un bloc 2 insuffisant ;
- Le diplôme est délivré quand les cinq blocs sont validés, sur décision du jury.
Ce fonctionnement change tout dans votre manière de travailler : chaque évaluation compte dès les premières semaines. Impossible de « tout jouer » sur une révision de dernière minute — mais, en contrepartie, votre diplôme se construit pas à pas, sans journée couperet.
Blocs de compétences, dispenses et cursus partiels
Le découpage en blocs sert aussi aux parcours passerelles. Selon votre diplôme d'origine, vous pouvez être dispensé(e) de certains blocs et ne suivre que les modules manquants : c'est le cas notamment des aides-soignant(e)s (DEAS), des titulaires d'un bac pro ASSP ou SAPAT, du CAP AEPE ou encore du DEAVS, selon les équivalences prévues en annexe de l'arrêté du 10 juin 2021. Si vous êtes dans ce cas, votre IFAP établit votre programme personnalisé — et vos révisions se concentrent uniquement sur vos blocs restants.
Même logique pour la VAE : les blocs validés par l'expérience restent acquis, et vous ne complétez que ce qui manque.
Organiser ses révisions bloc par bloc : la méthode simple
Le piège classique de la première année : réviser « au fil des cours » sans vision d'ensemble, puis découvrir en janvier que le bloc 2 concentre la moitié des connaissances à mémoriser. Voici comment l'éviter :
- Affichez la carte des 5 blocs dès la rentrée (quels modules, quelles évaluations, quelles dates) : vous saurez toujours « pour quel bloc » vous travaillez ;
- Donnez la priorité aux blocs 1 et 2 : développement de l'enfant, soins du quotidien, paramètres vitaux et signes d'alerte représentent l'essentiel du par-cœur, et ces notions reviennent dans toutes les évaluations, y compris en stage ;
- Faites une fiche par module, classée par bloc, au fil des cours — jamais la veille d'une évaluation ;
- Testez-vous avec des QCM module par module : relire donne une impression de maîtrise, se tester révèle les trous ;
- Reliez chaque journée de stage à un bloc : le soir, notez une situation vécue et le bloc concerné. Vos études de situation et votre portfolio seront déjà à moitié préparés.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Confondre modules et blocs : on révise des modules, mais on valide des blocs. Une évaluation de module ratée se rattrape ; c'est le bloc entier qui doit être validé au final.
- Négliger les « petits » blocs : les blocs 3, 4 et 5 paraissent légers en volume de cours, mais ils sont évalués en stage au quotidien — et sans compensation, un bloc 4 non validé bloque le diplôme autant qu'un bloc 1.
- Oublier le portfolio : les compétences se valident aussi en milieu professionnel. Un portfolio rempli au dernier moment, sans situations concrètes notées régulièrement, se voit immédiatement.
- Attendre pour signaler une difficulté : en contrôle continu, le retard s'accumule vite. Une évaluation ratée doit déclencher tout de suite une discussion avec vos formateurs, pas à la fin du semestre.
Ce qu'il faut retenir
Le DEAP repose sur 5 blocs de compétences définis par l'arrêté du 10 juin 2021 : soins du quotidien (bloc 1), état clinique et soins (bloc 2), relation et accompagnement (bloc 3), entretien de l'environnement (bloc 4), équipe et transmissions (bloc 5). Chaque bloc se valide séparément, en contrôle continu, à la fois en cours et en stage — sans compensation entre blocs, mais avec des rattrapages ciblés. La clé de l'année : travailler régulièrement, bloc par bloc, en reliant sans cesse la théorie à ce que vous vivez en stage. C'est exactement ce que le métier vous demandera ensuite, tous les jours.
Questions fréquentes sur les blocs de compétences du DEAP
Combien y a-t-il de blocs de compétences dans le DEAP ?
Cinq. Ils regroupent les 10 modules de formation (plus le module 1bis) définis par l'arrêté du 10 juin 2021 : bloc 1 (modules 1, 1bis, 2), bloc 2 (modules 3, 4, 5), bloc 3 (modules 6, 7), bloc 4 (module 8) et bloc 5 (modules 9, 10). Le diplôme est délivré quand les 5 blocs sont validés.
Peut-on compenser un bloc raté par un bon bloc ?
Non. Chaque bloc de compétences se valide séparément : il n'y a pas de compensation entre les blocs. En revanche, si un bloc n'est pas validé, vous ne repassez que ce bloc, pas toute la formation.
Comment un bloc de compétences est-il évalué ?
En contrôle continu, tout au long de l'année : évaluations théoriques ou pratiques des modules du bloc, et évaluation des compétences correspondantes lors des stages, à l'aide du portfolio. Il faut obtenir la moyenne au bloc, selon les modalités fixées par votre IFAP.
À quoi servent les blocs en dehors de la formation ?
Ils permettent les parcours partiels : dispenses de certains blocs pour les titulaires d'autres diplômes (DEAS, bac pro ASSP, CAP AEPE…), validation progressive dans le cadre d'une VAE, et rattrapage ciblé bloc par bloc en cas d'échec.
Quel est le bloc le plus difficile du DEAP ?
Les blocs 1 et 2 concentrent le plus gros volume de connaissances : développement de l'enfant, soins du quotidien, paramètres vitaux, signes d'alerte, soins en collaboration. Ce sont eux qui demandent le travail de mémorisation le plus régulier dès le début de l'année.
Source réglementaire : arrêté du 10 juin 2021 relatif à la formation conduisant au diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture (Légifrance), vérifié en juillet 2026. Les modalités pratiques d'évaluation et de rattrapage relèvent de chaque IFAP.
Réviser les 5 blocs sereinement
Pour vous accompagner du premier cours au diplôme, nous avons conçu des ressources alignées sur le référentiel 2021 : fiches de révision des 10 modules classées par bloc, QCM corrigés, analyses de situation guidées et méthode pour les stages. Commencez gratuitement avec le Kit Découverte.
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