Ce qui change au DEEJE depuis l'arrêté du 6 octobre 2025
L'arrêté du 6 octobre 2025 relatif au diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants, publié au Journal officiel du 14 octobre 2025, remplace celui du 22 août 2018. Il est entré en vigueur le 1er septembre 2026. Les changements principaux : les anciens domaines de compétences laissent place à quatre blocs de compétences validés séparément et sans compensation ; la formation complète est fixée à 3 442 heures sur trois ans ; l'inscription devient possible bloc par bloc ; l'admission est précédée de la procédure nationale de préinscription complétée d'un entretien, avec de nouvelles dispenses ; un entretien de positionnement après admission ouvre droit à des allègements ; et l'évaluation combine contrôle continu et épreuve conclusive aux attendus fixés au niveau national. Voici le détail, article par article.
Des domaines de compétences aux 4 blocs
C'est le changement structurant, celui dont tous les autres découlent. Le référentiel professionnel, en annexe I de l'arrêté, énonce que « les compétences sont organisées en quatre blocs de compétences non hiérarchisés entre eux » (source : Légifrance, arrêté du 6 octobre 2025, consulté le 22 septembre 2026) :
- Bloc 1 : concevoir et conduire un accompagnement socio-éducatif dans l'intérêt des jeunes enfants et de leur famille ;
- Bloc 2 : favoriser et soutenir le développement harmonieux et l'épanouissement du jeune enfant ;
- Bloc 3 : s'inscrire dans une dynamique partenariale et territoriale en lien avec la mise en œuvre des politiques de cohésion sociale ;
- Bloc 4 : s'inscrire dans un contexte professionnel du travail social.
La conséquence la plus lourde figure à l'article 12 : chaque bloc fait l'objet d'une validation distincte, sans possibilité de compensation entre les blocs. À l'intérieur d'un bloc, en revanche, les notes des unités d'enseignement rattachées restent compensables, une unité étant validée à partir de 10 sur 20. Un bloc est validé lorsque toutes les unités qui lui sont rattachées le sont.
Un diplôme désormais accessible bloc par bloc
Avant, on préparait le diplôme entier. L'arrêté ouvre désormais l'inscription « en vue de l'obtention d'un ou plusieurs blocs constitutifs de la certification ». Dans ce cas, le nombre total d'heures est déterminé à l'issue de l'entretien de positionnement (article 6), et une période minimale de formation pratique est fixée pour chaque bloc (article 7) : 630 heures (18 semaines) pour le bloc 1, 630 heures (18 semaines) pour le bloc 2, 455 heures (13 semaines) pour le bloc 3 et 210 heures (6 semaines) pour le bloc 4.
C'est une ouverture considérable pour les professionnelles en poste : on peut aller chercher un bloc à la fois, en gardant son emploi, et capitaliser. Et cela se combine avec la validation des acquis de l'expérience, qui permet elle aussi de faire valider des blocs isolément.
L'admission : préinscription nationale, entretien et nouvelles dispenses
Les conditions d'accès restent larges : être titulaire du baccalauréat, ou d'un diplôme, certificat ou titre homologué ou inscrit au répertoire national des certifications professionnelles au moins au niveau 4, ou remplir les conditions de l'article D. 613-40 du code de l'éducation — c'est-à-dire, en pratique, la voie de la validation des acquis pour accéder à l'enseignement supérieur sans le baccalauréat (article 2).
L'admission est précédée de la procédure nationale de préinscription prévue par le code de l'éducation, complétée par un entretien, et prononcée sur la base d'un règlement d'admission porté à la connaissance du candidat (article 4). Nouveauté utile : l'inscription s'accompagne d'un contrat pédagogique définissant les objectifs de la formation, le parcours personnalisé et les engagements réciproques de l'établissement et du candidat.
Trois catégories de candidats sont dispensées de l'entretien (article 5) : ceux qui ont signé un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation au sein d'un établissement ou service social ou médico-social ; ceux qui ont déjà acquis un ou plusieurs blocs du diplôme sous le régime antérieur ; et ceux qui en ont acquis sous le nouveau régime. Si vous avez décroché un bloc par la validation des acquis, vous entrez donc sans repasser l'entretien.
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Je découvre les ressources gratuites →Un entretien de positionnement et des allègements de parcours
C'est l'un des apports les plus concrets du texte pour les personnes en reconversion. Après l'admission, tous les candidats participent à un entretien de positionnement destiné à évaluer leurs acquis issus de formations antérieures et leur expérience professionnelle. Selon les résultats, un allègement de parcours peut être accordé, dans les conditions précisées à l'annexe III « Correspondances entre certifications ». L'allègement peut porter sur la formation théorique comme sur la formation pratique (article 8).
Un programme de formation individualisé est ensuite établi avec chaque candidat, sur proposition de la commission pédagogique, et porté au contrat pédagogique et au livret de formation. Pour une ancienne auxiliaire de puériculture, une titulaire du certificat d'aptitude professionnelle accompagnant éducatif petite enfance ou une assistante maternelle expérimentée, c'est le moment le plus rentable de tout le parcours : arrivez-y avec vos diplômes, vos attestations d'employeur et une liste écrite de ce que vous savez faire.
Le volume et l'organisation de la formation
Pour les candidats visant la certification complète, la durée est fixée à 3 442 heures sur trois années, soit six semestres : 1 517 heures de formation théorique, dont 12 heures d'accompagnement individualisé, et 1 925 heures de formation pratique, soit 55 semaines (article 6). La formation peut être dispensée en partie à distance, et comprend un enseignement de langue vivante étrangère ainsi qu'un enseignement relatif aux pratiques informatique et numérique.
Les stages sont eux aussi cadrés différemment (article 7). Une première période de 9 à 13 semaines sur les deux premiers semestres, pouvant se dérouler sur deux à trois sites qualifiants, consacrée à la découverte du monde professionnel et des différents champs d'exercice du métier. Puis des deuxième et troisième périodes, de 42 à 46 semaines, sur deux ou trois sites. La première période est encadrée par un référent titulaire d'un diplôme de niveau égal ou supérieur ; les deuxième et troisième périodes le sont, pour au moins les deux tiers, par un référent titulaire du diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants.
Enfin, l'article 9 introduit une possibilité de réorientation accompagnée : à l'issue de la première période de formation pratique, et au plus tard à la fin du deuxième semestre, les établissements peuvent accompagner les candidats vers d'autres formations, notamment les autres diplômes d'État du travail social conférant le grade de licence. Une réorientation donne lieu à un nouvel entretien de positionnement.
L'évaluation : contrôle continu et épreuve conclusive nationale
L'évaluation des connaissances et des compétences est réalisée par un contrôle continu ainsi que par une épreuve conclusive à l'issue du parcours de formation, dont les attendus sont fixés au niveau national ; les modalités sont précisées à l'annexe V « référentiel d'évaluation » (article 12). L'évaluation est organisée par l'établissement de formation.
À l'issue de la formation, l'établissement présente les candidats au diplôme et adresse au préfet de région un dossier comprenant, pour chaque candidat, le livret de formation complété. Le jury, composé conformément à l'article D. 451-28-8 du code de l'action sociale et des familles, établit la liste des candidats ayant validé l'ensemble des blocs requis. Lorsque tous les blocs ne sont pas validés, le jury prononce une validation partielle en précisant les blocs acquis (article 15).
Dispositions transitoires : les dates à retenir
L'article 17 organise le passage d'un régime à l'autre, et ces dates méritent d'être notées quelque part.
- Entrée en vigueur : 1er septembre 2026. Toutes les nouvelles entrées en formation relèvent du nouveau texte.
- Étudiants déjà engagés : ceux qui suivaient la formation selon les conditions antérieures restent soumis aux modalités de certification du diplôme préparé jusqu'au 31 juillet 2028 au plus tard. En cas de validation partielle à cette date, le diplôme se prépare ensuite selon le nouveau texte.
- Candidats en validation des acquis : même règle. Ceux engagés dans une démarche antérieure restent soumis aux modalités antérieures jusqu'au 31 juillet 2028 au plus tard, puis basculent.
- Abrogation de l'ancien arrêté : l'arrêté du 22 août 2018 modifié est abrogé à l'issue de la session d'examen 2028.
Si vous êtes dans un parcours commencé avant septembre 2026, la lecture est simple : vous avez jusqu'à l'été 2028 pour aller au bout selon les règles que vous connaissez. Au-delà, ce qui reste à valider se prépare dans le nouveau cadre — sans perdre les blocs déjà acquis.
Questions fréquentes
Quand l'arrêté du 6 octobre 2025 est-il entré en vigueur ?
Le 1er septembre 2026 (article 18 de l'arrêté). Le texte a été publié au Journal officiel du 14 octobre 2025 et remplace l'arrêté du 22 août 2018 modifié, qui est abrogé à l'issue de la session d'examen 2028.
Qu'est-ce qui change concrètement pour les étudiants ?
Les domaines de compétences laissent place à quatre blocs validés séparément et sans compensation entre eux ; la formation complète est fixée à 3 442 heures sur trois ans ; l'inscription devient possible bloc par bloc ; un entretien de positionnement après admission peut donner lieu à des allègements théoriques et pratiques ; et l'évaluation associe contrôle continu et épreuve conclusive aux attendus nationaux.
Les étudiants déjà en formation sont-ils concernés ?
Ceux engagés avant l'entrée en vigueur restent soumis aux modalités de certification du diplôme préparé, jusqu'au 31 juillet 2028 au plus tard. En cas de validation partielle à cette date, la suite du parcours se prépare selon le nouveau texte, sans perte des blocs déjà acquis. La même règle s'applique aux candidats engagés dans une démarche de validation des acquis.
Peut-on être dispensé de l'entretien d'admission ?
Oui, dans trois cas : avoir signé un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation au sein d'un établissement ou service social ou médico-social ; avoir déjà acquis un ou plusieurs blocs du diplôme sous le régime antérieur ; ou en avoir acquis sous le nouveau régime.
Combien de semaines de stage prévoit le nouveau référentiel ?
55 semaines, soit 1 925 heures, pour un parcours complet : une première période de 9 à 13 semaines sur les deux premiers semestres, consacrée à la découverte du monde professionnel, puis des deuxième et troisième périodes de 42 à 46 semaines, chacune pouvant se dérouler sur deux ou trois sites qualifiants.
Pour aller plus loin
Une remarque, pour terminer, à l'intention de celles qui hésitent à se lancer maintenant. Une réforme de diplôme produit toujours le même effet : elle fige les projets. On se dit qu'il vaut mieux attendre que ça se stabilise, que les écoles digèrent le texte, que les premiers avis remontent. C'est compréhensible, et c'est presque toujours une mauvaise décision. Ce qui change ici n'est pas le métier — l'accompagnement du jeune enfant, la relation aux familles, le travail d'équipe sont exactement les mêmes qu'avant le 14 octobre 2025. Ce qui change, c'est la façon dont le diplôme découpe et reconnaît ces compétences : en blocs, donc plus finement, donc plus favorablement pour qui arrive avec de l'expérience. Une ancienne auxiliaire de puériculture, une titulaire du certificat d'aptitude professionnelle ou une assistante maternelle de quinze ans ont aujourd'hui davantage de leviers qu'il y a deux ans, entre l'entretien de positionnement, les allègements et l'accès bloc par bloc. Si le projet vous tient, la bonne question n'est pas « est-ce le bon moment ? », c'est « quels blocs puis-je déjà revendiquer ? ». Pour y répondre, l'article consacré au détail des quatre blocs reprend chaque intitulé et ce qu'il recouvre concrètement sur le terrain.
Objectif Petite Enfance
