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L'épreuve conclusive du DEEJE : dossier de 25 à 30 pages et soutenance de 40 minutes

Lecture : 12 min · Objectif Petite Enfance
Mains d'une étudiante prenant des notes dans un carnet à côté d'un ordinateur portable ouvert, sur un bureau clair

L'épreuve conclusive du diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants consiste à rédiger un dossier d'analyse de votre parcours de formation et de réflexion sur le métier, de 25 à 30 pages (hors page de garde, plus 3 pages d'annexes facultatives), puis à le soutenir pendant 40 minutes : 15 minutes de présentation, 25 minutes d'échange au maximum avec deux examinateurs. L'écrit est noté sur 20 avec un coefficient 2, l'oral sur 20 avec un coefficient 3. L'épreuve est rattachée au bloc de compétences 1, elle n'est pas compensable et ne donne lieu à aucune deuxième session. Ces modalités sont fixées par l'instruction interministérielle n° DGCS/SD4A/DGESIP/A1-2/2026/6 du 16 mars 2026, prise en application de l'arrêté du 6 octobre 2025 (source : bulletins officiels du ministère chargé des solidarités, consultés le 23 septembre 2026). Voici ce qu'elle attend vraiment, et comment s'y préparer dès la première année.

Qu'est-ce que l'épreuve conclusive du DEEJE ?

C'est la nouveauté la plus visible de la réforme pour les étudiants qui entrent en formation depuis septembre 2026. Avec l'arrêté du 6 octobre 2025, l'évaluation du diplôme repose sur deux piliers : un contrôle continu tout au long des six semestres, et une épreuve conclusive placée à la fin du parcours. L'instruction du 16 mars 2026 précise le partage : les blocs 2, 3 et 4 sont évalués exclusivement en contrôle continu ; le bloc 1 est évalué par le contrôle continu complété de l'épreuve conclusive.

Concrètement, l'épreuve prend la forme d'une unité d'enseignement à part entière, intitulée « Épreuve conclusive », rattachée au bloc 1 (concevoir et conduire un accompagnement socio-éducatif dans l'intérêt des jeunes enfants et de leur famille). Comme les autres unités, elle porte des crédits européens, capitalisés une fois validée. Et elle peut intégrer des enseignements méthodologiques destinés à vous accompagner dans sa préparation : ce n'est pas un examen qui tombe du ciel au dernier semestre.

Le texte lui donne une ambition claire : être « l'aboutissement du parcours de formation » et permettre « un rapport distancié au travail observé et mis en œuvre ». Traduction de formatrice : on ne vous demande pas de prouver que vous avez tout vu, on vous demande de montrer comment vous êtes devenue professionnelle, et que vous savez le raconter avec du recul. Si vous voulez replacer cette épreuve dans l'architecture générale du diplôme, l'article sur les 4 blocs de compétences du nouveau référentiel reprend chaque bloc en détail.

Le dossier d'analyse : 25 à 30 pages, et une mise en page imposée

Le dossier est une production écrite individuelle de 25 à 30 pages, hors page de garde, rédigée avec un logiciel de traitement de texte, à laquelle peuvent s'ajouter 3 pages d'annexes facultatives. Pour la première fois, la forme est cadrée au niveau national, jusque dans le détail :

Ces règles ne sont pas un détail administratif. La qualité rédactionnelle est notée à part dans la grille nationale, et le « respect des normes fixées » y figure noir sur blanc. Un dossier à 32 pages ou en police 12 envoie au jury le signal d'une étudiante qui n'a pas lu la consigne — exactement l'inverse de ce qu'on attend d'une future éducatrice qui devra un jour rédiger des projets, des bilans et des écrits institutionnels.

Le réflexe à prendre tout de suite. Créez dès maintenant un modèle de document aux bonnes normes (Calibri 11, interligne 1,5, marges 3/2,5 cm, numéro en pied de page). Rédigez-y toutes vos analyses de situation de contrôle continu. Le jour venu, vous aurez déjà une idée juste de ce que représentent 25 pages dans ce format — c'est beaucoup moins qu'on ne le croit.

Ce que le jury attend du dossier : les attendus officiels

L'instruction liste cinq attendus. Il est demandé au candidat qu'il :

La méthode est également décrite : partir de quelques situations clés rencontrées sur les terrains de stage, montrer l'évolution de votre pratique et de votre posture, questionner la dimension éthique des accompagnements, et étayer l'analyse par des éclairages théoriques vus en formation ou issus de votre veille. Les situations retenues peuvent avoir déjà servi dans des épreuves de contrôle continu, du bloc 1 ou d'un autre bloc.

Sur le terrain, c'est là que la plupart des étudiantes se trompent. Elles racontent. Trois stages, trois structures, ce qu'elles y ont fait, ce qu'elles ont aimé. Le jury, lui, cherche un mouvement : qui étiez-vous en arrivant, qu'est-ce qui vous a bousculée, qu'avez-vous compris, comment agissez-vous autrement aujourd'hui. Une situation banale — un enfant de deux ans qui refuse chaque matin de lâcher la main de son père, une réunion d'équipe où votre proposition d'aménagement de l'espace a été balayée — vaut souvent mieux qu'une situation spectaculaire, parce qu'elle permet de montrer finement ce qui a changé dans votre regard.

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La soutenance de 40 minutes : déroulé et questions

La soutenance dure 40 minutes et se découpe en deux temps : 15 minutes de présentation par le candidat, puis un échange de 25 minutes au maximum avec les examinateurs, « quelle que soit la durée de la présentation du candidat ». Si vous parlez 9 minutes au lieu de 15, vous ne gagnez pas 6 minutes d'échange : vous perdez simplement du temps de parole choisi.

Point essentiel, et souvent mal compris : le temps de présentation ne doit pas résumer le dossier. Le texte est explicite — vous retenez « un ou deux aspects » pour démontrer votre capacité à articuler connaissances et compétences en situation professionnelle. Les examinateurs ont lu votre écrit. Leur réciter les grandes parties, c'est leur faire perdre un quart d'heure.

Vous pouvez avoir votre dossier imprimé avec vous et vous y référer. L'échange porte à la fois sur l'écrit et sur votre présentation orale. Il est attendu que vous montriez votre capacité à vous positionner dans la fonction, à adopter une posture réflexive sur les compétences acquises ou encore en consolidation, et à expliciter vos limites d'intervention. Préparez-vous donc à des questions du type :

Si l'exercice de l'oral vous angoisse, les techniques décrites pour l'oral d'admission en école d'éducateur de jeunes enfants restent valables : phrases courtes, exemples concrets, silences assumés avant de répondre.

Qui évalue et comment : examinateurs, coefficients et grille nationale

L'épreuve est évaluée par deux examinateurs désignés par l'établissement : un formateur et un professionnel titulaire du diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants. Pour garantir leur neutralité, ils ne doivent pas avoir pris une part active à votre formation — ni corrigé vos épreuves de contrôle continu, ni animé vos groupes d'analyse de la pratique, ni encadré l'un de vos stages. Dans les établissements qui ont peu de formateurs, cette exigence peut ne s'appliquer qu'au professionnel. L'épreuve peut aussi être organisée à distance.

La notation suit une grille nationale. Chaque attendu est noté sur 4, séparément pour l'écrit et pour l'oral :

CritèreÉcritOral
Appréhender la profession dans sa globalité et sa complexité/4/4
Démontrer l'expertise métier/4/4
Se positionner dans la fonction et dégager des perspectives professionnelles/4/4
Développer et articuler une analyse sur le parcours, les expériences et les acquis/4/4
Qualité rédactionnelle (dont bibliographie et auto-positionnement sur l'IA)/4—
Qualité de la soutenance—/4

L'écrit et l'oral reçoivent chacun une note sur 20. L'écrit est affecté d'un coefficient 2, l'oral d'un coefficient 3 : c'est l'oral qui pèse le plus. Les critères ne sont pas limitatifs, et les examinateurs conservent une appréciation globale de votre travail.

Pas de rattrapage : ce qui se passe en cas d'échec

C'est le point à connaître absolument. L'épreuve conclusive ne donne lieu à aucune deuxième session ni à aucun rattrapage. Seule exception : une session de remplacement pour les étudiants dont l'absence est dûment justifiée, à une date différée, sans changement de nature ni d'exigences.

L'unité « Épreuve conclusive » n'entre pas dans la moyenne pondérée des autres unités du bloc 1 et n'est pas compensable. Or le bloc 1 n'est validé que si cette unité l'est. Si vous n'obtenez pas la moyenne à l'épreuve, vous ne conservez pas le bénéfice d'une partie réussie : un 12 à l'écrit ne se garde pas si l'ensemble reste sous 10. En revanche, pour une nouvelle présentation, vous pouvez reprendre le même dossier après l'avoir retravaillé. Les autres blocs validés, eux, restent acquis : le jury peut prononcer une validation partielle.

L'intelligence artificielle dans le dossier : ce qui est demandé

C'est une première dans un texte de cadrage du travail social. L'instruction demande aux équipes pédagogiques de définir les conditions d'utilisation de l'IA, et préconise que l'étudiant rende compte de son usage — outils, requêtes, objectifs poursuivis — au moyen d'un outil de positionnement joint systématiquement au dossier. Le questionnaire proposé porte sur la nature des usages (recherche de sources, plan, rédaction, correction), sur les limites repérées et sur la manière dont vous avez vérifié la fiabilité des contenus. Et ce point peut faire l'objet d'un échange avec les examinateurs.

Mon conseil est simple : ce dossier parle de votre transformation. Un outil peut vous aider à corriger l'orthographe ou à reformuler un plan ; il ne peut pas écrire à votre place ce que vous avez ressenti face à cette maman qui pleurait dans le vestiaire. Les examinateurs le sentiront en trois questions.

Comment préparer l'épreuve conclusive dès la première année

Le texte le dit lui-même : la préparation « peut être conduite tout au long du parcours ». Voici la méthode que je recommande à mes étudiantes.

Pour les étudiantes déjà engagées dans l'ancien régime, rien de tout cela ne s'applique : vous restez soumises aux modalités de certification antérieures jusqu'au 31 juillet 2028 au plus tard, comme l'explique l'article sur ce qui change depuis l'arrêté du 6 octobre 2025. Et si vous vous demandez encore comment s'organisent ces trois années, le détail est dans l'article sur la formation d'éducateur de jeunes enfants en 3 ans et 3 442 heures.

Questions fréquentes

Combien de pages fait le dossier de l'épreuve conclusive du DEEJE ?

De 25 à 30 pages hors page de garde, rédigées en Calibri 11, interligne 1,5, avec des marges de 3 cm à gauche et 2,5 cm sur les autres côtés. Trois pages d'annexes facultatives peuvent s'y ajouter. Ces normes figurent dans l'instruction interministérielle du 16 mars 2026.

Combien de temps dure la soutenance ?

40 minutes : 15 minutes de présentation par le candidat, puis un échange de 25 minutes au maximum avec les deux examinateurs, quelle que soit la durée de la présentation.

Comment l'épreuve conclusive est-elle notée ?

L'écrit et l'oral reçoivent chacun une note sur 20, à partir d'une grille nationale. L'écrit est affecté d'un coefficient 2 et l'oral d'un coefficient 3.

Y a-t-il un rattrapage à l'épreuve conclusive ?

Non. L'épreuve ne donne lieu ni à une deuxième session ni à un rattrapage. Une session de remplacement existe seulement pour les absences dûment justifiées. En cas d'échec, le même dossier peut être retravaillé pour une nouvelle présentation.

L'épreuve conclusive concerne-t-elle les étudiants entrés avant septembre 2026 ?

Non. Les étudiants engagés sous l'ancien régime restent soumis aux modalités de certification antérieures, jusqu'au 31 juillet 2028 au plus tard. L'épreuve conclusive concerne les parcours relevant de l'arrêté du 6 octobre 2025, entré en vigueur le 1er septembre 2026.

Pour aller plus loin

Une dernière chose, que je dis à chaque promotion. On imagine souvent l'épreuve finale comme un mur à franchir en fin de troisième année. Avec ce nouveau format, c'est plutôt un miroir qu'on vous tend : 25 pages et 40 minutes pour montrer le chemin parcouru. Celles qui s'en sortent le mieux ne sont pas les plus brillantes à l'écrit, ce sont celles qui ont pris l'habitude, dès les premiers mois, de s'arrêter après une journée de stage pour se demander « qu'est-ce que j'ai appris aujourd'hui sur moi, sur les enfants, sur l'équipe ? ». Ce réflexe-là se construit semaine après semaine, et il sert bien au-delà du diplôme. Pour vous outiller dès maintenant, la page des ressources gratuites du site rassemble des fiches méthode et des check-lists utiles pour organiser vos écrits de formation, et l'article consacré aux stages de la formation vous aidera à repérer, sur chaque terrain, les situations qui nourriront votre futur dossier.

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