Concours territorial · Se préparer

Les mises en situation du concours d'auxiliaire de puériculture territorial : 7 cas corrigés

Lecture : 12 min · Objectif Petite Enfance · Mis à jour le 21 octobre 2026
Candidate face à un jury lors d'un entretien dans un bureau

Oui, le jury peut vous poser des mises en situation au concours d'auxiliaire de puériculture territorial, mais elles ne forment pas une épreuve à part : l'épreuve est un entretien oral unique de 20 minutes, et ces cas concrets surgissent dans les questions qui testent votre aptitude à exercer les missions. Un enfant fiévreux, un parent qui demande un médicament, une collègue qui oublie un protocole : on ne vous demande pas une réponse de manuel, on vérifie que vous savez rester dans votre rôle, protéger l'enfant et transmettre à la bonne personne. Voici sept situations types, corrigées, et la manière de les raconter à voix haute.

Une précision d'honnêteté avant de commencer : les rapports de jury et notes de cadrage que nous avons consultés ne publient aucun cas-type. Les situations ci-dessous sont donc écrites par nos soins, à partir de ce que le métier impose réellement. Elles ne sont pas « tombées » à tel ou tel concours, et le vôtre en posera peut-être d'autres. Ce qui se prépare, c'est la manière de raisonner, pas une liste de corrigés.

Les mises en situation existent-elles vraiment au concours d'auxiliaire de puériculture territorial ?

D'après la note de cadrage de l'épreuve (portail de concours agirhe, actualisée en octobre 2024), l'entretien dure 20 minutes au total, dont 5 minutes au plus pour votre exposé. Les questions sont tirées d'une palette préparée par le jury, sans temps de préparation ni document, et portent notamment sur l'aptitude à exercer les missions et sur la connaissance de l'environnement territorial et professionnel. Le texte de référence cité par cette note est le décret n° 2022-1133 du 5 août 2022. La note ne parle pas de « mise en situation » comme d'un exercice officiel distinct.

Dans la pratique, une question d'aptitude à exercer les missions prend très souvent la forme d'un cas : « Que faites-vous si… ? ». Notre article sur l'entretien de 20 minutes, minute par minute situe ce bloc au milieu de l'épreuve. Celui-ci le détaille : comment raisonner, et sept cas travaillés.

La trame qui fonctionne pour toutes les mises en situation

Face à un cas inconnu, ne cherchez pas la « bonne réponse » : déroulez une trame, toujours la même. Elle rassure le jury parce qu'elle montre une méthode, même si vous n'avez jamais vécu la situation.

Dites la trame à voix haute, sans la réciter mécaniquement : « Je commence par observer, je sécurise l'enfant, j'agis dans le cadre du protocole, je transmets à ma référente et je consigne. » Deux phrases suffisent pour installer la méthode, puis vous appliquez au cas.

Cas 1 : un enfant arrive avec un hématome ou dit quelque chose d'inquiétant

C'est la situation la plus sensible, donc celle où le jury vérifie votre prudence. La mauvaise réponse est de vouloir « mener l'enquête » ou de conclure vous-même. La bonne est de ne pas rester seule avec l'information.

Ce que vous dites. « J'observe et je décris précisément : où, quelle taille, quelle couleur, ce que l'enfant dit avec ses mots à lui, sans le faire répéter ni le questionner pour obtenir des détails. J'informe immédiatement la direction ou ma référente, je note les faits datés dans le dossier. Je n'interprète pas et je n'accuse personne. La suite est décidée avec la direction et avec les services compétents. »

Le cadre à connaître. Selon service-public.gouv.fr (page « Enfant en danger : comment le signaler ? », vérifiée le 13 septembre 2024), toute personne qui soupçonne un enfant en danger ou en risque de danger doit le signaler ; le 119 est joignable 24 h/24, et les services du département peuvent recevoir une information préoccupante (cellule de recueil des informations préoccupantes). Par ailleurs, l'article 40 du Code de procédure pénale impose à tout fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit d'en donner avis sans délai au procureur de la République ; c'est en pratique la direction de l'établissement qui procède (fiche pratique SNESUP, avril 2025). Retenez surtout la conclusion : vous ne décidez pas seule, et vous ne gardez pas le silence.

Ce cadre évolue et chaque département a ses procédures : renseignez-vous sur celles de la collectivité où vous postulez, et consultez les sites officiels. Cette trame ne remplace pas un conseil juridique. Pour approfondir la notion de secret et de partage d'information, voyez notre article sur le secret professionnel en crèche.

Cas 2 : un enfant a de la fièvre dans la matinée

Ce que vous dites. « Je prends sa température selon la méthode du protocole, je le découvre légèrement, je lui propose à boire et je le surveille : couleur de la peau, comportement, respiration. Je préviens ma référente et les parents. Je ne donne aucun médicament de ma propre initiative : c'est le protocole de la structure, validé par le médecin, et l'ordonnance qui encadrent. Si l'état de l'enfant m'inquiète, par exemple s'il est très abattu ou respire difficilement, j'alerte sans attendre. »

Le piège est de décrire un geste de soin « de bonne volonté » (un bain tiède, un sirop) sans mentionner le cadre. Le jury ne teste pas vos connaissances médicales, il teste votre périmètre. Pour les repères de fond, notre article sur la fièvre du jeune enfant et ce que fait la crèche vous donne le vocabulaire juste.

Cas 3 : un parent vous demande de donner un médicament

Ce que vous dites. « Je ne donne rien sur simple demande verbale. Je regarde ce que prévoient le règlement de la structure et le protocole : en général une ordonnance en cours de validité et une autorisation écrite des parents. J'oriente le parent vers la direction, qui connaît la procédure, et je note la demande. »

Sur le fond, voici deux repères datés. Les recommandations d'un service de PMI départemental (Maine-et-Loire, juin 2015) distinguent l'aide à la prise d'un médicament, lorsqu'elle ne présente pas de difficulté particulière, de l'acte de soin réservé aux professionnels de santé, et écartent l'automédication à la demande des parents. De son côté, une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du 15 octobre 2019 reconnaissait que la réglementation ne permettait pas explicitement l'administration de médicaments par les professionnels d'accueil et annonçait des travaux. Le cadre a pu changer depuis : dites-le au jury en une phrase (« je m'en tiens au règlement et au protocole en vigueur dans la structure ») plutôt que d'avancer un article de loi dont vous n'êtes pas sûre.

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Cas 4 : une collègue ne respecte pas un protocole

Exemple concret : vous voyez une collègue passer d'un change à un autre sans se laver les mains. Le jury regarde si vous savez protéger l'enfant sans casser l'équipe.

Ce que vous dites. « Si le risque est immédiat, j'interviens sur le moment, calmement, pour que le geste soit refait. Ensuite, je lui en parle seule, sans jugement : j'ai remarqué telle chose, est-ce qu'on s'est mal comprises sur le protocole ? Si la situation se répète ou qu'elle refuse d'en tenir compte, j'en informe ma référente ou la direction, en m'en tenant aux faits observés. » Évitez deux extrêmes : « je ne dirais rien pour ne pas faire d'histoires » et « j'irais tout de suite me plaindre à la direction ». Notre article sur l'hygiène des mains et les protocoles de crèche donne les gestes de référence.

Cas 5 : une personne inconnue se présente pour récupérer un enfant

Ce que vous dites. « Je ne remets pas l'enfant. Je vérifie si cette personne figure dans la liste des personnes autorisées, avec une pièce d'identité si la procédure l'exige. Si ce n'est pas le cas, j'explique avec politesse que je dois d'abord joindre les parents, je préviens la direction, et l'enfant reste dans la structure en sécurité. Je garde mon calme, même si la personne s'impatiente ou se dit pressée. » Le jury attend de la fermeté courtoise, jamais de l'improvisation. Le principe est simple : en cas de doute, on ne remet pas l'enfant, on alerte.

Cas 6 : un enfant allergique reçoit par erreur un aliment qui n'était pas pour lui

La bonne réponse commence par un mot : immédiatement. « J'arrête le repas, je reste auprès de l'enfant, j'observe les signes (boutons, gonflement, gêne respiratoire, vomissements) et j'alerte aussitôt ma référente. Je suis le projet d'accueil individualisé (PAI) de l'enfant et la conduite à tenir qu'il prévoit. En cas de signes de gravité, j'appelle le 15 ou le 112 sans attendre. Je préviens ensuite les parents, je note l'heure, ce qui a été mangé et ce que j'ai observé, et nous analysons en équipe comment éviter que cela se reproduise. » Ne cachez pas l'erreur : le jury apprécie qu'on signale et qu'on consigne, il sanctionne le silence. Voyez à ce sujet les repas à la crèche, les allergies et le PAI.

Cas 7 : un enfant fait une chute ou une fausse route pendant que vous êtes avec le groupe

Ce que vous dites. « Je protège d'abord : je sécurise la zone, je me place près de l'enfant. J'applique les gestes appris à la formation aux premiers secours si la situation l'exige, et je fais alerter les secours (15 ou 112) par une collègue pendant que je reste auprès de lui. Le reste du groupe est confié à une collègue pour que personne ne soit laissé seul. Après l'urgence, je préviens les parents, je transmets à la direction et je consigne l'événement. » Insistez sur le fait que vous ne restez jamais seule à gérer à la fois l'urgence et le groupe : on appelle, on délègue, on s'organise en équipe.

Ce que le jury veut entendre derrière chaque cas

Quelle que soit la situation, quatre signaux reviennent : un périmètre respecté (vous savez ce que vous faites et ce que vous transmettez), une sécurité de l'enfant d'abord, une communication posée avec les parents et avec l'équipe, et la traçabilité (écrire ce qui s'est passé). S'y ajoute, pour un concours territorial, la conscience d'avoir un employeur public : la direction, l'autorité territoriale et les règles de la collectivité font partie de la réponse.

À éviter absolument : « je ferais confiance à mon instinct », « je gérerais ça toute seule », « je donnerais un médicament en attendant », et les critiques de vos anciennes équipes. Si un cas vous échappe totalement, ne bluffez pas : appuyez-vous sur la trame et reportez-vous à notre méthode pour répondre à une question qu'on ne connaît pas.

Comment s'entraîner aux mises en situation en dix jours

Pour ne pas manquer de matière, notre article sur les annales et rapports de jury explique où lire ce que les jurys reprochent vraiment aux candidates.

À retenir. Les mises en situation ne sont pas une épreuve officielle à part, mais elles servent à mesurer votre aptitude à exercer les missions. Quelle que soit la situation : observer, sécuriser, agir dans son périmètre, transmettre, consigner, et ne jamais rester seule face à une situation grave.

Questions fréquentes

Y a-t-il une épreuve de mise en situation au concours d'auxiliaire de puériculture territorial ?

Non, pas comme épreuve distincte. L'épreuve est un entretien oral unique de 20 minutes, dont 5 minutes au plus d'exposé. Les mises en situation apparaissent dans les questions sur l'aptitude à exercer les missions, sous la forme de « Que faites-vous si… ? ».

Combien de temps ai-je pour répondre à une mise en situation ?

Il n'y a pas de temps de préparation : les questions appellent des réponses immédiates. Visez une minute à une minute trente par cas, en déroulant votre trame (observer, sécuriser, agir dans votre périmètre, transmettre, consigner).

Que faire si je n'ai jamais vécu la situation proposée ?

Appuyez-vous sur la méthode plutôt que sur l'expérience : décrivez ce que vous observeriez, comment vous protégeriez l'enfant, ce que le protocole vous autorise à faire et à qui vous transmettriez. Le jury cherche votre raisonnement et votre sens du périmètre.

Peut-on dire que l'on donnerait un médicament à un enfant ?

Pas sans cadre. Une bonne réponse renvoie au règlement de la structure, au protocole et à l'ordonnance, et oriente les parents vers la direction. Le cadre réglementaire peut évoluer : tenez-vous-en aux règles en vigueur dans la structure et vérifiez les textes officiels.

Que répondre face à un soupçon de maltraitance ?

Ne restez pas seule : décrivez les faits sans interpréter, informez immédiatement la direction ou la référente, et laissez la suite se décider avec les services compétents. Toute personne peut aussi contacter le 119, joignable 24 h/24. Ce cadre évolue ; consultez service-public.gouv.fr et la procédure de la collectivité.

Pour aller plus loin

Les modalités de l'épreuve sont fixées par les textes et précisées par chaque centre de gestion ; elles évoluent d'une session à l'autre. Avant de vous entraîner, relisez la notice et l'arrêté d'ouverture de votre centre, qui seuls font foi, et consultez le site officiel pour les textes en vigueur. Pour aller plus loin dans la méthode, le livre consacré au concours territorial réunit la méthode d'exposé et d'entretien, des fiches, des QCM corrigés et des questions du jury avec leurs réponses.

Pour préparer le concours territorial

Un concours ne se prépare pas comme un diplôme : on y est classée. Le livre est construit autour de l'épreuve elle-même, l'exposé puis l'entretien.

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